Catégorie : Justice

  • Kaolack : La COJER apporte son soutien à Pape Malick Ndour « La vérité doit être établie dans la sérénité »

    Kaolack : La COJER apporte son soutien à Pape Malick Ndour « La vérité doit être établie dans la sérénité »

    La COJER du département de Kaolack est montée au créneau pour exprimer son soutien à l’ancien ministre Pape Malick Ndour, au cœur d’une procédure judiciaire liée au PRODAC. Dans un communiqué, la structure de jeunesse appelle au respect strict de la présomption d’innocence et plaide pour une justice équitable, indépendante et débarrassée de toute considération politique.

    COMMUNIQUÉ DE LA COJER DU DÉPARTEMENT DE KAOLACK

    La COJER du département de Kaolack exprime sa profonde préoccupation face à la situation que traverse Monsieur le Ministre Pape Malick Ndour.

    Cette affaire soulève de nombreuses interrogations et suscite une vive incompréhension au sein de l’opinion. Les éléments portés à la connaissance du public laissent penser que le rapport à l’origine de cette procédure serait antérieur à son arrivée à la tête du PRODAC, ce qui amène légitimement à s’interroger sur l’étendue réelle de sa responsabilité dans les faits évoqués.

    La COJER du département de Kaolack rappelle avec force que la présomption d’innocence est un principe fondamental de l’État de droit et qu’elle doit être garantie à tout citoyen, sans distinction de statut ou d’appartenance politique.

    À ce stade de la procédure, nous estimons que Monsieur le Ministre Pape Malick Ndour doit bénéficier pleinement de toutes les garanties prévues par la loi afin que la vérité soit établie dans la sérénité, l’équité et l’impartialité. Nous considérons qu’aucun responsable ne doit être jugé sur la base d’amalgames ou de considérations politiques.

    La COJER du département de Kaolack réaffirme son soutien et sa solidarité à l’endroit de Monsieur le Ministre Pape Malick Ndour dans cette épreuve. Nous demeurons convaincus que seule une justice indépendante, équitable et respectueuse des droits de la défense permettra de faire toute la lumière sur cette affaire.

    Nous appelons l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité et à préserver les principes républicains qui fondent notre démocratie.

    Fait à Kaolack,

    La COJER du département de Kaolack

  • Affaire Assane Fall : Internement psychiatrique et procès pour complicité de coups et blessures”

    Affaire Assane Fall : Internement psychiatrique et procès pour complicité de coups et blessures”

    Sur recommandation du président du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le procureur de la République a ordonné l’internement d’Assane Fall, connu sous le nom d’Azoura et militant du parti Pastef, au centre psychiatrique de Thiaroye. 

    Quant à son ami, Serigne Saliou Fall, il a été placé sous mandat de dépôt. Ce dernier sera jugé ce vendredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour des accusations d’abandon de véhicule à un tiers sans permis de conduire, ainsi que pour complicité de coups et blessures involontaires.

  • Dakar : Cheikh Oumar Diagne condamné à une amende pour diffusion de fausses nouvelles

    Dakar : Cheikh Oumar Diagne condamné à une amende pour diffusion de fausses nouvelles

     

    Ce mercredi, Cheikh Oumar Diagne a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de propos tenus dans une émission diffusée sur Sen TV concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

    À l’issue de l’audience, le tribunal a dispensé Cheikh Oumar Diagne de peine de prison mais l’a condamné à une amende ferme de 500 000 francs CFA.

    Lors de son passage à la barre, le prévenu a reconnu être l’auteur des propos incriminés, précisant toutefois que seules dix secondes avaient été extraites d’une émission de près de quatre heures, ce qui aurait, selon lui, contribué à déformer le sens global de son intervention.

    Le représentant du parquet avait requis six mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA. Les avocats de la défense, Seyba Danfakha et Hosni Maati, avaient pour leur part plaidé la relaxe de leur client, soulignant que l’information diffusée n’était pas exclusive à leur client.

    Après délibéré, le tribunal a finalement choisi de sanctionner Cheikh Oumar Diagne uniquement par une amende, mettant ainsi un terme à cette affaire liée à la diffusion de propos jugés inexacts.

  • Cheikh Oumar Diagne placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles

    Cheikh Oumar Diagne placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles

     

    Cheikh Oumar Diagne a été placé sous mandat de dépôt ce lundi à l’issue de son déferrement au parquet de Dakar pour diffusion de fausses nouvelles.

    Présenté au procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, l’intéressé a été entendu par le parquet avant que la décision de son placement en détention ne soit prise.

    Selon des sources judiciaires, Cheikh Oumar Diagne devrait être jugé ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar.

  • Convocation policière : Cheikh Oumar Diagne dément toute fuite

    Convocation policière : Cheikh Oumar Diagne dément toute fuite

    Convoqué ce vendredi en même temps que Moussa Diop, Cheikh Oumar Diagne a fermement démenti les rumeurs faisant état d’une éventuelle fuite ou d’une tentative d’échapper aux enquêteurs.

    Dans des propos rapportés par le quotidien L’Observateur, l’ancien directeur des moyens généraux de la Présidence affirme être resté à son domicile toute la journée.

    « Depuis ce matin, je suis chez moi. La police ne m’a adressé aucune convocation officielle. Je ne suis sorti qu’à 17h40 pour aller faire le weuzifa avant de revenir à la maison où j’ai pris le ndogou », a-t-il déclaré.

    Une convocation jugée informelle

    Selon Cheikh Oumar Diagne, la démarche des enquêteurs ne revêt pas un caractère officiel. Il explique n’avoir reçu qu’un simple message écrit envoyé par un lieutenant de police à 17h31, et non une convocation formelle émanant de la Sûreté urbaine.

    Cette situation, selon lui, ne correspond pas aux procédures habituelles d’une convocation judiciaire.

    Une présence incertaine devant les enquêteurs

    Les enquêteurs lui auraient demandé de se présenter ce vendredi à 10 heures. Une demande que l’intéressé affirme ne pas avoir pu honorer en raison d’autres engagements.

    « Je ne suis pas disponible. Je préfère éventuellement me présenter dans la soirée. Jusqu’à présent, j’attends toujours leur retour », a-t-il indiqué, laissant planer l’incertitude sur les suites de cette convocation.

    Cette affaire intervient dans un contexte marqué par l’audition de plusieurs personnalités publiques, dont Me Moussa Diop, dans le cadre d’investigations dont les contours n’ont pas encore été officiellement détaillés.

    EL FAYE

  • Affaire Madiambal Diagne : la justice française valide une extradition partielle

    Affaire Madiambal Diagne : la justice française valide une extradition partielle

     

    La procédure judiciaire visant Madiambal Diagne franchit un nouveau cap. La Cour d’appel de Paris a rendu un avis favorable à une « extradition partielle », se prononçant ainsi pour la remise de l’intéressé sur une partie des faits mentionnés dans la demande.

    Dans sa décision, la juridiction française a estimé que certains chefs d’accusation répondaient aux conditions juridiques requises en matière d’extradition, tout en écartant d’autres éléments de la requête. Cette position intermédiaire ouvre une nouvelle phase dans une affaire à forte dimension internationale, tant sur le plan judiciaire que médiatique.

    À la suite de cet arrêt, la défense n’a pas tardé à réagir. Les avocats de Madiambal Diagne ont annoncé leur intention de former un pourvoi devant la Cour de cassation. Cette procédure vise à contester la légalité de la décision rendue par la Cour d’appel et à en demander l’annulation ou la révision.

    Le pourvoi, qui ne suspend pas automatiquement la procédure mais en prolonge l’examen, portera sur d’éventuelles erreurs de droit ou irrégularités dans l’appréciation des conditions d’extradition. La haute juridiction française devra ainsi se prononcer sur la conformité de l’arrêt aux règles applicables.

    En attendant l’issue de ce nouveau recours, l’affaire reste suspendue à la décision définitive des autorités compétentes, dans un dossier qui continue de susciter attention et débats.

    EL FAYE

  • Vie privée et débat sociétal : Ousmane Sonko hausse le ton à l’Assemblée

    Vie privée et débat sociétal : Ousmane Sonko hausse le ton à l’Assemblée

     

    Intervenant lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi de déplacer le centre de gravité du débat vers la protection des citoyens et le respect strict de la vie privée, dans un contexte marqué par une affaire présumée de transmission volontaire du VIH.

    Sans s’adresser frontalement au député Abdou Mbow, auteur de l’interpellation, qu’il a qualifié de « téméraire », le chef du gouvernement a affirmé vouloir parler « aux Sénégalais », au-delà des clivages partisans. Dans la même dynamique, il a annoncé avoir transmis la veille au président de l’Assemblée nationale un projet de loi qu’il dit porter personnellement, précisant en assumer « entièrement » la responsabilité politique.

    Sur la question sensible de la criminalisation de l’homosexualité, Ousmane Sonko a plaidé pour une démarche mesurée. Selon lui, les concertations engagées ont permis d’aboutir à l’idée qu’« on peut faire mieux » qu’une réponse dictée par l’urgence ou l’émotion. Il a, dans la foulée, dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation du débat sur la scène internationale, certains laissant entendre que l’État mènerait une répression systématique, exposant ainsi le pays à des pressions extérieures.

    Mais c’est surtout la divulgation publique du statut sérologique de personnes mises en cause qui a suscité son indignation. « Comment peut-on exposer dans la presse la séropositivité d’autrui ? », a-t-il interrogé, jugeant ces pratiques contraires au droit, à l’éthique et à la dignité humaine. Le Premier ministre a insisté sur les répercussions sociales et familiales de telles révélations, évoquant notamment l’impact sur les proches et les enfants.

    Dans le même registre, il a critiqué Mame Mactar Guèye, visant ceux qui, selon lui, s’érigent en porte-voix exclusifs sur des questions aussi sensibles. Rappelant que la gestion de ces dossiers relève des autorités compétentes, il a indiqué avoir demandé au ministère de l’Intérieur de retirer la sécurité qui aurait été accordée à l’activiste.

    En conclusion, Ousmane Sonko a lancé un appel à la retenue et à la responsabilité collective. Pour le chef du gouvernement, le traitement des affaires touchant à l’intimité des citoyens doit se faire dans le respect scrupuleux des droits fondamentaux, loin des surenchères politiques et des emballements médiatiques.

  • Supporters détenus au Maroc : l’AJA–Sénégal plaide pour l’activation de l’accord de transfèrement de 2004**  La Section sénégalaise de l’Association des juristes africains (AJA–Sénégal) appelle les autorités à explorer les mécanismes juridiques existants afin de faciliter un retour encadré des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, à la suite de condamnations judiciaires devenues définitives. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation indique suivre « avec une attention particulière » la situation des compatriotes concernés.  Les juristes rappellent l’existence de l’accord de coopération judiciaire signé en 2004 entre Dakar et Rabat, notamment en matière de transfèrement des personnes condamnées. Selon le professeur Ogo Seck et ses collègues, cet instrument juridique vise à favoriser la réinsertion sociale des détenus dans leur pays d’origine, tout en respectant la souveraineté des États et l’autorité des décisions rendues par les juridictions compétentes.  Dans un esprit de coopération bilatérale et de solidarité africaine, l’AJA–Sénégal suggère au gouvernement d’engager des discussions avec les autorités marocaines compétentes afin d’enclencher les diligences nécessaires à l’application effective de cet accord, conformément aux dispositions en vigueur.  L’organisation insiste toutefois sur le fait que toute démarche devra s’inscrire dans le strict respect de l’État de droit, des engagements internationaux du Sénégal et des droits fondamentaux des personnes concernées.  Pour rappel, 18 supporters sénégalais ont été condamnés à la suite des violences survenues au Stade Prince Moulay Abdellah, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée le 18 janvier 2026 entre le Sénégal et le Maroc. La rencontre s’était soldée par une victoire des Lions sur le score d’un but à zéro, dans un contexte marqué par des tensions en tribunes à l’issue du match.

    Supporters détenus au Maroc : l’AJA–Sénégal plaide pour l’activation de l’accord de transfèrement de 2004** La Section sénégalaise de l’Association des juristes africains (AJA–Sénégal) appelle les autorités à explorer les mécanismes juridiques existants afin de faciliter un retour encadré des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, à la suite de condamnations judiciaires devenues définitives. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation indique suivre « avec une attention particulière » la situation des compatriotes concernés. Les juristes rappellent l’existence de l’accord de coopération judiciaire signé en 2004 entre Dakar et Rabat, notamment en matière de transfèrement des personnes condamnées. Selon le professeur Ogo Seck et ses collègues, cet instrument juridique vise à favoriser la réinsertion sociale des détenus dans leur pays d’origine, tout en respectant la souveraineté des États et l’autorité des décisions rendues par les juridictions compétentes. Dans un esprit de coopération bilatérale et de solidarité africaine, l’AJA–Sénégal suggère au gouvernement d’engager des discussions avec les autorités marocaines compétentes afin d’enclencher les diligences nécessaires à l’application effective de cet accord, conformément aux dispositions en vigueur. L’organisation insiste toutefois sur le fait que toute démarche devra s’inscrire dans le strict respect de l’État de droit, des engagements internationaux du Sénégal et des droits fondamentaux des personnes concernées. Pour rappel, 18 supporters sénégalais ont été condamnés à la suite des violences survenues au Stade Prince Moulay Abdellah, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée le 18 janvier 2026 entre le Sénégal et le Maroc. La rencontre s’était soldée par une victoire des Lions sur le score d’un but à zéro, dans un contexte marqué par des tensions en tribunes à l’issue du match.

    La Section sénégalaise de l’Association des juristes africains (AJA–Sénégal) appelle les autorités à explorer les mécanismes juridiques existants afin de faciliter un retour encadré des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, à la suite de condamnations judiciaires devenues définitives. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation indique suivre « avec une attention particulière » la situation des compatriotes concernés.

    Les juristes rappellent l’existence de l’accord de coopération judiciaire signé en 2004 entre Dakar et Rabat, notamment en matière de transfèrement des personnes condamnées. Selon le professeur Ogo Seck et ses collègues, cet instrument juridique vise à favoriser la réinsertion sociale des détenus dans leur pays d’origine, tout en respectant la souveraineté des États et l’autorité des décisions rendues par les juridictions compétentes.

    Dans un esprit de coopération bilatérale et de solidarité africaine, l’AJA–Sénégal suggère au gouvernement d’engager des discussions avec les autorités marocaines compétentes afin d’enclencher les diligences nécessaires à l’application effective de cet accord, conformément aux dispositions en vigueur.

    L’organisation insiste toutefois sur le fait que toute démarche devra s’inscrire dans le strict respect de l’État de droit, des engagements internationaux du Sénégal et des droits fondamentaux des personnes concernées.

    Pour rappel, 18 supporters sénégalais ont été condamnés à la suite des violences survenues au Stade Prince Moulay Abdellah, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée le 18 janvier 2026 entre le Sénégal et le Maroc. La rencontre s’était soldée par une victoire des Lions sur le score d’un but à zéro, dans un contexte marqué par des tensions en tribunes à l’issue du match.

  • À l’Assemblée nationale, le député Matar Sylla plaide pour un observatoire crédible et respectueux des droits

    À l’Assemblée nationale, le député Matar Sylla plaide pour un observatoire crédible et respectueux des droits

    Lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL), l’honorable député Matar Sylla a pris la parole pour une intervention marquée par la gravité du contexte et l’exigence de rigueur institutionnelle.

    Dès l’entame de son propos, le parlementaire a tenu à rendre un hommage appuyé à l’étudiant récemment décédé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il a exprimé sa compassion et sa solidarité à l’endroit de la famille du défunt ainsi qu’à toute la communauté universitaire, encore sous le choc après ce drame.

    Des questions sur la transparence et l’efficacité de l’ONLPL

    Abordant ensuite le cœur du projet de loi, le député a interpellé la ministre de la Justice sur plusieurs points qu’il juge essentiels pour garantir la crédibilité et l’efficacité du futur observatoire.

    Il a notamment soulevé des interrogations sur les mécanismes de transparence, les garanties de protection des droits fondamentaux des personnes privées de liberté et les moyens concrets qui seront alloués à cette nouvelle structure pour assurer son fonctionnement.

    Pour Matar Sylla, la création d’un tel organe ne doit pas se limiter à un dispositif de façade. Il a insisté sur la nécessité de doter l’ONLPL d’une réelle autonomie, de ressources suffisantes et de prérogatives claires, afin qu’il puisse exercer un contrôle effectif sur les lieux de détention et contribuer à l’amélioration des conditions de privation de liberté.

    Un rappel à la responsabilité des députés

    En conclusion de son intervention, le député a tenu à adresser un message plus politique, appelant à un sursaut de responsabilité au sein de l’hémicycle.

    Avec fermeté, il a rappelé que les députés sont élus pour servir la nation, défendre les intérêts du peuple et élever le niveau du débat public. Il a ainsi exhorté ses collègues à éviter les invectives et les querelles stériles, qui, selon lui, détournent l’Assemblée nationale de sa mission première.

    Son intervention, mêlant hommage, interpellation et appel à la responsabilité, s’inscrit dans un contexte parlementaire marqué par des débats sensibles autour des questions de justice, de droits humains et de gouvernance institutionnelle.

    EL FAYE 

  • Violences à l’UCAD : le parquet ouvre une double enquête après la mort d’Abdoulaye Ba

    Violences à l’UCAD : le parquet ouvre une double enquête après la mort d’Abdoulaye Ba

    L’émotion reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, quelques jours après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba dans un contexte de violents affrontements sur le campus. Face à la gravité des faits et à la tension persistante au sein de la communauté universitaire, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a tenu un point de presse pour faire le point sur l’évolution des enquêtes judiciaires en cours. Dans une déclaration mesurée mais ferme, le magistrat a annoncé l’ouverture de procédures visant à la fois des étudiants soupçonnés d’actes de violence et des éléments des forces de l’ordre dont le comportement fait l’objet d’examens.

    Des étudiants arrêtés et déférés au parquet

    Selon le procureur, plusieurs étudiants identifiés comme ayant « conceptualisé, planifié, organisé et saccagé » des biens publics et privés ont été interpellés dans le cadre des investigations. Placés en garde à vue, ils ont ensuite été conduits au parquet de Dakar. Ces derniers devraient être présentés à un juge d’instruction, conformément aux mécanismes prévus par le Code de procédure pénale. « Leur présentation interviendra suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine des autorités d’instruction », a précisé Ibrahima Ndoye, soulignant le respect scrupuleux des règles judiciaires. L’ouverture d’une information judiciaire permettra au magistrat instructeur d’approfondir les investigations, d’entendre les différentes parties et de déterminer les responsabilités individuelles. À ce stade, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence. Les faits reprochés portent notamment sur des actes de dégradation de biens et de troubles à l’ordre public dans un contexte de tensions exacerbées sur le campus universitaire.

    Des policiers également visés par une enquête

    Au-delà des étudiants, le procureur a révélé qu’une enquête distincte vise certains éléments de la Police nationale. Ces agents sont accusés d’avoir, lors des opérations de maintien de l’ordre, franchi « les limites tolérables » de leur mission. Selon les éléments évoqués, des comportements inappropriés auraient été observés, notamment à l’encontre de personnes déjà interpellées ou neutralisées. Des atteintes à des biens matériels seraient également concernées. « L’enquête ouverte depuis l’éclatement des échauffourées devra permettre d’identifier les agents concernés afin, le cas échéant, d’engager des poursuites à leur encontre », a indiqué le procureur. Cette démarche traduit la volonté affichée du parquet de ne pas limiter les investigations à un seul camp, mais d’examiner l’ensemble des faits survenus dans le cadre des violences.

    Faire toute la lumière sur les circonstances du drame

    La mort d’Abdoulaye Ba a profondément choqué la communauté universitaire et au-delà. Dans ce contexte, la communication du parquet vise à rassurer sur l’impartialité et la rigueur de la procédure judiciaire. En optant pour une double enquête — l’une visant des étudiants soupçonnés d’avoir organisé ou participé aux saccages, l’autre portant sur d’éventuels abus commis par des forces de l’ordre — le ministère public affirme sa volonté de faire toute la lumière sur les circonstances ayant entouré les événements. Le dossier s’annonce complexe. Il s’agira notamment de reconstituer le déroulement précis des affrontements, d’analyser les images disponibles, d’exploiter les témoignages et de déterminer les éventuelles responsabilités pénales. Dans un climat encore marqué par la douleur et la tension, le parquet de Dakar tente ainsi de poser les jalons d’un traitement judiciaire équilibré. Reste désormais à l’instruction de démêler les responsabilités et d’établir les faits, dans le respect des droits de toutes les parties.