Catégorie : Justice

  • Justice : Ousmane Sonko réaffirme son soutien aux greffiers

    Justice : Ousmane Sonko réaffirme son soutien aux greffiers

     

    Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a reçu ce lundi 2 février 2026 une délégation de l’Amicale des Greffiers du Sénégal (AGS), conduite par son président, Ibrahima Sarr.Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue permanent entre le gouvernement et les acteurs clés du service public de la justice.Au cœur des échanges figuraient les conditions de travail des greffiers et les perspectives d’amélioration du fonctionnement de l’appareil judiciaire.

    Le président de l’AGS a salué les efforts déjà consentis par les autorités, notamment les réponses apportées à certaines revendications corporatistes, tout en réaffirmant la disponibilité des greffiers à accompagner les réformes en cours.
    De son côté, le Premier ministre a réitéré l’engagement du gouvernement à poursuivre la modernisation de la justice. Il a souligné le rôle central des greffiers, qualifiés de « pilier fondamental de la chaîne judiciaire », et assuré de sa volonté d’accompagner durablement ce corps dans la consolidation d’une justice plus efficace, accessible et crédible.
    Cette audience illustre la volonté de l’exécutif de stabiliser le climat social dans le secteur judiciaire tout en accélérant les réformes structurelles, dans un contexte où la justice demeure un enjeu majeur de gouvernance et de confiance citoyenne

  • Rentrée judiciaire 2026 : le Chef de l’État sonne l’heure d’une refondation irréversible de la justice

    Rentrée judiciaire 2026 : le Chef de l’État sonne l’heure d’une refondation irréversible de la justice

    Pour la deuxième fois depuis son accession à la magistrature suprême, le Président de la République a présidé la cérémonie solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux. Loin d’un simple rendez-vous protocolaire, l’événement a été érigé par le Chef de l’État en espace stratégique de réflexion, d’échange et de remise en question du système judiciaire national.

    Organisée dans un climat marqué par une forte exigence citoyenne, la rentrée judiciaire 2026 se tient à un moment charnière de la vie démocratique du pays. Elle intervient alors que les attentes en matière d’indépendance de la justice, de performance institutionnelle et de modernisation des juridictions n’ont jamais été aussi pressantes. Le Président a tenu à rappeler que la justice, rendue au nom du peuple, est soumise au regard permanent des citoyens, qui l’observent, la questionnent, la contestent parfois. Une posture qu’il juge légitime et qui, selon lui, oblige l’État à davantage de clarté, de pédagogie et surtout de résultats concrets.

    Dans un discours sans détour, le Chef de l’État a affirmé que la transformation du système judiciaire constitue une nécessité absolue. « Refonder la justice n’est pas une option », a-t-il martelé, soulignant qu’il s’agit d’une obligation à la fois morale, institutionnelle et démocratique. Cette exigence prend tout son sens au regard des sacrifices consentis par le peuple pour l’avènement d’une troisième alternance démocratique, saluée tant sur le plan national qu’international.

    Cette volonté de rupture et de renouveau, a rappelé le Président, s’est traduite dès les premiers mois du mandat par la tenue des Assises de la Justice. Ces larges concertations ont permis de poser un diagnostic sans complaisance et de formuler des recommandations structurantes, dont la mise en œuvre a d’ores et déjà commencé. Malgré leur ampleur, ces réformes convergent vers une même finalité : respecter le pacte de gouvernance scellé avec les citoyens et renforcer durablement l’État de droit.

    Concluant son propos, le Président de la République a invité magistrats, auxiliaires de justice et l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire à s’engager pleinement dans cette dynamique de transformation. Une justice indépendante, efficace et accessible demeure, selon lui, le socle indispensable d’une démocratie apaisée, crédible et résolument tournée vers l’avenir.

  • Procès de la pouponnière Keur Yeurmandé : Ndella Madior Diouf de nouveau face à la justice

    Procès de la pouponnière Keur Yeurmandé : Ndella Madior Diouf de nouveau face à la justice

    L’affaire de la pouponnière Keur Yeurmandé franchit une nouvelle étape judiciaire décisive. Ndella Madior Diouf, directrice de la structure, comparaît ce mardi 13 janvier devant la Chambre criminelle du tribunal de Dakar, aux côtés de quinze autres prévenus, pour leur deuxième audience depuis l’ouverture du procès.

    Initialement appelée le 9 décembre 2025, la procédure avait été suspendue après l’introduction par la défense de Mme Diouf d’une demande de liberté provisoire. Incarcérée depuis décembre 2023, la directrice de la pouponnière totalise désormais plus de deux années de détention provisoire.

    Les seize accusés sont poursuivis pour une série de chefs d’inculpation particulièrement lourds : traite de personnes, exercice illégal de la médecine, privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, obtention frauduleuse de certificats d’inhumation, infractions à la législation sur les inhumations, homicide involontaire, non-déclaration de naissance, ainsi que complicité.

    Au cœur de ce dossier emblématique, des dysfonctionnements graves dans la gestion de la pouponnière, accusée d’avoir soumis des nourrissons à des conditions de prise en charge dramatiques, mettant directement leur survie en péril. Une affaire qui continue de bouleverser l’opinion publique et pose, avec acuité, la question de la protection de l’enfance et de la responsabilité des structures d’accueil.

  • Farba Ngom retenu en prison, le verdict tombe aussi pour Tahirou Sarr

    Farba Ngom retenu en prison, le verdict tombe aussi pour Tahirou Sarr

    Contrairement à Farba Ngom, qui demeure en détention, Tahirou Sarr a effectivement bénéficié d’une mise en liberté provisoire désormais définitive.

     

    Le parquet financier n’a pas interjeté appel de l’ordonnance ayant ordonné sa libération. L’homme d’affaires se trouve actuellement à son domicile. Tahirou Sarr était incarcéré depuis plusieurs mois dans le cadre d’une procédure instruite par le Pool judiciaire financier (PJF), portant notamment sur des faits présumés de blanchiment de capitaux, d’escroquerie sur les deniers publics et d’infractions connexes.

    Placé sous mandat de dépôt depuis le mois de février, il avait, à l’instar d’autres mis en cause, vu ses précédentes demandes de liberté provisoire rejetées. Cette évolution intervient à l’issue de démarches judiciaires répétées menées par sa défense, qui contestait la nécessité du maintien en détention préventive au regard de l’état d’avancement de l’instruction et des garanties présentées par leur client. L’absence d’appel du parquet financier confère désormais un caractère stable à cette décision de mise en liberté.

  • Marchés publics : un scandale de faux documents éclabousse un projet sanitaire à Kaffrine

    Marchés publics : un scandale de faux documents éclabousse un projet sanitaire à Kaffrine

    Un vaste scandale de falsification secoue un marché public de plus de 710 millions de francs CFA destiné à la construction et à la supervision de cinq postes de santé dans la région de Kaffrine. Selon des révélations du journal Libération, le projet, financé par la Banque africaine de développement (BAD) et exécuté par le Programme d’urgence pour le développement communautaire (PUDC), a été entaché de graves irrégularités techniques et administratives. Tout est parti de visites de chantiers effectuées en mai dernier par le PUDC. Ces inspections ont mis en lumière d’importantes malfaçons structurelles sur les ouvrages en cours de réalisation. Face à ces anomalies, l’autorité contractante a exigé la production des procès-verbaux d’écrasement du béton, des documents techniques essentiels permettant de vérifier la résistance et la conformité des constructions. En guise de réponse, l’entreprise attributaire du marché a transmis une série de documents qui se sont révélés frauduleux.

    Usurpation d’identité et faux techniques

    L’enquête a rapidement mis au jour une usurpation d’identité caractérisée. Les faux documents portaient les en-têtes du Laboratoire national de référence des BTP (LNR-BTP) ainsi que ceux de laboratoires privés reconnus, notamment Naag Labo et Tout Faire Géotechnique. Saisis pour vérification, ces laboratoires ont catégoriquement nié être à l’origine des documents transmis. Plus troublant encore, l’expertise a relevé de graves incohérences techniques, notamment des dates d’essais de compression du béton antérieures aux dates de prélèvement des échantillons, un non-sens scientifique qui a fini de lever le voile sur la supercherie, rapporte Libération.

    Aveux et chaîne de responsabilités

    L’instruction menée par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a permis d’obtenir les aveux du directeur technique et d’un ancien employé de l’entreprise Sante Yalla, adjudicataire du marché de construction. Les deux hommes ont reconnu avoir fabriqué de faux documents, affirmant toutefois avoir agi avec la complicité du chef de mission du cabinet chargé du contrôle et de la supervision des travaux. Si le directeur général de l’entreprise a nié toute implication ou connaissance des faits, l’ARCOP a estimé qu’il était peu crédible que la société ignore que les essais de béton requis, bien que facturés, n’avaient en réalité jamais été effectués.

    Une mise en danger manifeste

    Dans sa décision, le Comité de règlement des différends (CRD) n’a pas minimisé la gravité des faits. En falsifiant les essais de résistance du béton, les responsables ont, selon l’organe, exposé les futurs usagers des postes de santé ainsi que le personnel médical à des risques sérieux d’effondrement des bâtiments. Une situation jugée d’autant plus alarmante qu’elle concerne des infrastructures sanitaires destinées à des populations vulnérables.

    Des sanctions lourdes

    Au terme de la procédure, l’ARCOP a prononcé des sanctions financières dissuasives. L’entreprise Sante Yalla a écopé d’une amende de 8 millions de francs CFA, assortie d’une menace d’exclusion de la commande publique pour une durée de deux ans en cas de non-paiement dans les délais. De son côté, le groupement Deco-Ic/Africonsult, chargé de la mission de contrôle, a été sanctionné d’une amende de 2,8 millions, avec un risque d’exclusion d’un an des marchés publics. Cette affaire relance avec acuité le débat sur la rigueur dans l’exécution des marchés publics, la responsabilité des bureaux de contrôle et les mécanismes de prévention des fraudes, dans un secteur où les défaillances peuvent avoir des conséquences humaines dramatiques.
  • Réforme du CSM : vers une justice réellement rendue au nom du peuple

    Réforme du CSM : vers une justice réellement rendue au nom du peuple

    Le ministre conseiller du président de la République est longuement revenu sur les réformes annoncées du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qu’il qualifie de rupture historique avec les pratiques institutionnelles héritées de l’indépendance. Pour Aldiouma Sow, il ne s’agit pas d’un simple réaménagement administratif, mais d’une refondation en profondeur du système judiciaire sénégalais, en droite ligne de la vision portée par le président Bassirou Diomaye Faye.

    Selon lui, depuis 1960, la justice a souvent été perçue comme un prolongement de l’ordre politique plutôt que comme une institution au service du peuple souverain. « La justice était rendue au nom d’un régime. La volonté du chef de l’État est désormais de faire en sorte qu’elle soit effectivement rendue au nom du peuple, dans les textes comme dans la pratique quotidienne », a-t-il affirmé.

    Au cœur de cette refondation figure la recomposition du Conseil supérieur de la magistrature. Jusqu’ici, en dehors du président de la République et du ministre de la Justice, l’organe est exclusivement composé de magistrats, une configuration que le ministre conseiller juge peu représentative de la diversité sociale du pays.

    Pour Aldiouma Sow, une justice crédible et légitime ne peut être dissociée de la participation de segments représentatifs de la société. « Si la justice doit être rendue au nom du peuple, alors le peuple, à travers la société civile et d’autres corps organisés, doit avoir voix au chapitre dans son fonctionnement », a-t-il expliqué, justifiant ainsi l’usage du terme « refondation » plutôt que celui de simple réforme.

    Réagissant aux réticences exprimées par certains magistrats, notamment sur l’ouverture du CSM à des acteurs non issus du corps judiciaire, Aldiouma Sow a tenu à souligner la méthode privilégiée par le chef de l’État. Plutôt qu’une réforme imposée, le président de la République a opté pour la concertation et le dialogue.

    « Le chef de l’État aurait pu passer en force, puisqu’il définit la politique pénale du pays. Il a préféré consulter et construire un consensus. L’idée en elle-même n’est pas contestable ; ce sont surtout les modalités de mise en œuvre qui appellent à discussion », a-t-il précisé.

    Pour le ministre conseiller, l’ouverture du Conseil supérieur de la magistrature à des segments représentatifs de la société constitue un changement de paradigme majeur et l’une des innovations institutionnelles les plus audacieuses depuis l’indépendance. Il annonce qu’un débat public sera organisé afin d’éclairer l’opinion et d’aboutir à la formule la plus équilibrée possible.

    Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de refondation de l’État de droit et de la gouvernance, socle du projet politique porté par le président Bassirou Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir.