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Rejet de la LFR face à l’erreur fatale de l’exécutif qui a fait qui a fait preuve d’un manque d’anticipation et de courage politique (Par Ousmane Gueye)

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L’adoption par l’Assemblée nationale de la motion de rejet direct du projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) constitue un séisme politique majeur. Au-delà des chiffres, cet épisode met à nu les failles béantes de la stratégie politique d’un gouvernement déconnecté de sa propre réalité parlementaire et incapable d’assumer ses prérogatives constitutionnelles.

  1. Une faillite d’anticipation et un manque de courage politique
  2. Le gouvernement a péché par excès de confiance et par passivité. En refusant d’engager d’emblée sa responsabilité face aux réserves légitimes exprimées dès les travaux en commission, l’exécutif a fait preuve d’une frilosité coupable. Ce refus d’assumer son arbitrage politique a laissé un vide stratégique que l’Assemblée nationale s’est empressée de combler. C’est cette hésitation initiale qui a condamné le texte.
  3. Le piège de la plénière ou la neutralisation de l’arme constitutionnelle
  4. En temporisant, le gouvernement s’est laissé enfermer dans un piège procédural chirurgical. La majorité parlementaire, par le biais de la “question préalable”, a opposé une fin de non-recevoir immédiate et ferme. Ce coup de maître parlementaire a purement et simplement privé l’exécutif de sa principale arme de persuasion : le passage en force par l’engagement de la responsabilité. Le gouvernement voulait faire planer la menace ; il se retrouve désarmé, sans même avoir pu défendre son texte à la tribune.
  5. Une crise de gouvernance qui menace l’économie nationale
    Ce spectacle d’un exécutif court-circuité par sa propre majorité jette un voile de doute sur la conduite des affaires de l’État. En refusant le dialogue constructif en amont et en échouant à imposer son leadership, le gouvernement place le pays dans une situation de vulnérabilité extrême.
  6. Le risque de défaut de paiement et le gel des financements internationaux ne sont plus des hypothèses théoriques, mais les conséquences directes de cette légèreté politique.
  7. Ce verdict parlementaire consacre l’isolement d’un gouvernement qui a perdu la main sur son agenda législatif.
    Nous appelons l’exécutif à tirer immédiatement les leçons de ce camouflet institutionnel. Le temps de l’amateurisme et des calculs tactiques doit cesser. Le Sénégal a besoin d’un gouvernement qui décide, qui assume sa vision économique, sous peine de plonger le pays dans une instabilité institutionnelle et financière sans précédent.

Ousmane Gueye

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