À Kaolack, la rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre sous le signe d’une crise sanitaire et pédagogique majeure. Dans la commune, trente-cinq écoles élémentaires sont privées d’eau potable depuis près de trois mois en raison de factures impayées, une situation qui a poussé le concessionnaire à procéder au retrait des compteurs. Face à l’épuisement des ressources locales, la municipalité lance un appel pressant au Président de la République et au gouvernement pour une intervention d’urgence.
L’absence d’eau potable dans ces trente-cinq établissements plonge quotidiennement les élèves et le corps enseignant dans une précarité extrême. Sans accès à l’eau, les installations sanitaires devenues inutilisables se transforment progressivement en foyers infectieux. L’impossibilité de respecter les règles élémentaires d’hygiène expose directement les enfants aux maladies hydriques, à la dysenterie et à diverses affections cutanées.
Au quotidien, la quête d’eau transforme le fonctionnement des classes. Enseignants et élèves sont fréquemment contraints d’aller frapper aux portes des concessions voisines pour s’approvisionner en eau potable ou assurer un entretien sommaire. Plus grave encore, dans les zones périphériques comme le secteur de Khelcom, l’absence de toilettes fonctionnelles force certains enfants à aller faire leurs besoins dans les herbes environnantes avant de regagner leurs cours, soulevant d’importants problèmes de sécurité, de pudeur et de santé publique. Cette détresse permanente affecte la concentration des élèves, alimente l’absentéisme et dégrade le climat scolaire, menaçant directement les résultats et les performances globales des établissements touchés.
Pourtant, la municipalité de Kaolack, sous la houlette du maire Serigne Mboup, a consenti d’importants efforts matériels et financiers pour assainir et moderniser le cadre d’étude. Des opérations de remblayage, d’évacuation des eaux de pluie, de désinfection ainsi que des travaux de réhabilitation des salles de classe ont été menés sur le terrain.
Cependant, il convient de reconnaître qu’une municipalité vivant de ses taxes et recettes locales ne peut prendre en charge à elle seule l’ensemble de ces charges structurelles. La mairie de Kaolack doit parallèlement faire face à de nombreuses urgences dans le cadre de ses compétences transférées, notamment dans le secteur de la santé et des infrastructures communautaires. Une gestion communautaire s’impose, car sans un soutien étatique, chaque équipe municipale qui succédera sera confrontée aux mêmes impasses.
Face à ce constat critique, le Président de la République et son gouvernement, en particulier le ministre de l’Éducation nationale et le ministre des Collectivités territoriales, sont solennellement interpellés. Il est urgent d’engager une réflexion globale et de déployer des solutions définitives pour mettre fin aux coupures d’eau et d’électricité qui paralysent l’école publique. Si les collectivités territoriales ont fait de leur mieux pour offrir une éducation de qualité, l’appui de l’État demeure indispensable pour rétablir l’eau dans les écoles de Kaolack et garantir aux enfants un cadre d’apprentissage digne et sécurisé.
Mamadou Camara-Journaliste
