Blog

  • CAN 2025 : le Sénégal contre-attaque devant la CAF

    CAN 2025 : le Sénégal contre-attaque devant la CAF

    La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a été entendue le mardi 27 janvier 2026 par le Jury disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF), dans le cadre de la procédure engagée après la finale de la CAN Maroc 2025.

    Cette audition découle des rapports établis par les officiels de la rencontre, ainsi que des réserves formulées par la Fédération Royale Marocaine de Football. Face à ces accusations, la FSF affirme avoir utilisé l’ensemble des voies réglementaires afin de protéger les intérêts sportifs, moraux et juridiques du Sénégal.

    Conduite par son Secrétaire général, la délégation sénégalaise bénéficiait de l’assistance juridique de Me Seydou Diagne. Le sélectionneur national, Pape Bouna Thiaw, ainsi que les internationaux Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye, ont également été entendus. Leurs déclarations ont visé à apporter des éclaircissements essentiels et à étayer la défense sénégalaise devant l’instance disciplinaire.

    À l’issue des échanges, le Jury disciplinaire de la CAF a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu dans un délai maximal de quarante-huit (48) heures, conformément aux textes en vigueur.

    Dans cette phase d’attente, la FSF réaffirme son attachement strict au respect des règles du football africain, tout en réitérant sa ferme détermination à défendre l’honneur, les droits et les intérêts du Sénégal et de ses représentants sur la scène continentale.

  • CAN 2025 : « Le Sénégal ne risque pas de perdre le trophée », tranche Abdoulaye Makhtar Diop

    CAN 2025 : « Le Sénégal ne risque pas de perdre le trophée », tranche Abdoulaye Makhtar Diop

    Alors que la Confédération africaine de football (CAF) se penche ce mardi 27 janvier sur les incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, Abdoulaye Makhtar Diop, ancien ministre des Sports et ex-membre de la Commission d’éthique de la FIFA, a tenu à rassurer l’opinion publique sénégalaise lors d’un débriefing sur la RTS. Pour lui, la Fédération sénégalaise de football (FSF) ne peut en aucun cas être tenue pour responsable des faits survenus après la rencontre. Il s’agit, selon son analyse, de comportements individuels dictés par l’intensité émotionnelle d’une finale continentale. « Certains joueurs ont réagi sous le coup de l’émotion. C’est humain dans un tel contexte », a-t-il expliqué, tout en rappelant que le football doit rester guidé par des valeurs de respect, d’humilité et de fair-play. À ce titre, il estime que les excuses des acteurs concernés sont indispensables. Sur le point le plus sensible, celui d’une éventuelle remise en cause du résultat, Abdoulaye Makhtar Diop se montre formel. Aucune disposition réglementaire de la CAF ne permet, selon lui, d’annuler la finale ni de retirer le trophée au Sénégal. « Le match est allé à son terme, les règles ont été respectées. La victoire du Sénégal est juridiquement acquise », a-t-il martelé. L’ancien dirigeant n’exclut cependant pas des sanctions disciplinaires ciblées. Des joueurs ou des membres du staff technique pourraient être inquiétés, en fonction des conclusions tirées des rapports officiels. « Une suspension de l’entraîneur, accompagnée d’amendes, reste une hypothèse plausible. Tout dépendra du contenu des rapports du commissaire de match et des responsables de la sécurité », a-t-il nuancé. Enfin, Abdoulaye Makhtar Diop a appelé à la prudence face aux spéculations qui circulent sur les réseaux sociaux. « Dire que le Sénégal pourrait perdre la coupe est totalement infondé. Seuls les documents officiels et les décisions de la CAF ont une valeur juridique », a-t-il insisté, invitant les supporters à garder leur calme dans l’attente du verdict de l’instance continentale.
  • CAN 2025 : Malang Diedhiou brise le silence et accuse un arbitrage africain sous influence

    CAN 2025 : Malang Diedhiou brise le silence et accuse un arbitrage africain sous influence

    La finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc continue d’alimenter une onde de choc bien au-delà du terrain. Cette fois, la contestation prend une dimension particulière avec la sortie remarquée de Malang Diedhiou, ancien arbitre international FIFA et référence incontestée du corps arbitral africain. Invité sur le plateau de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), l’ex-officiel sénégalais a livré une charge sans détour contre l’arbitrage de la rencontre, qualifiant la prestation de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala de « scandaleuse ». Mais au-delà d’un simple jugement technique, Malang Diedhiou a mis à nu ce qu’il considère comme un mal profond et structurel du football africain. Selon lui, le problème dépasse largement un arbitre ou un match. Il dénonce une ingérence persistante de dirigeants dans les mécanismes de désignation des arbitres, sapant toute logique de compétence et de méritocratie. « J’ai siégé à la commission des arbitres. Si je suis parti, c’est parce que je refusais de céder. L’ingérence dans la désignation des arbitres est inacceptable », a-t-il déclaré, révélant les pressions internes qu’il dit avoir personnellement subies. Ces propos viennent raviver les soupçons récurrents d’un arbitrage africain de plus en plus politisé, où les jeux d’influence prennent le pas sur l’exigence de neutralité et d’excellence. Malang Diedhiou a également pointé un dysfonctionnement majeur au sein de la Confédération africaine de football (CAF) : l’absence prolongée d’un directeur de l’arbitrage, un poste clé laissé vacant depuis le CHAN à la suite d’un limogeage jamais officiellement justifié. Or, ce responsable devait assurer la préparation, l’évaluation et le suivi technique des arbitres avant une CAN organisée au Maroc et promise à une exposition mondiale. Pour l’ancien arbitre, ce vide institutionnel a considérablement fragilisé la Commission des arbitres, ouvrant la voie à la désignation d’officiels au vécu international limité, y compris pour des rencontres à très haute intensité… jusqu’à la finale. Le malaise trouverait sa source dès juillet 2025, avec l’éviction soudaine de Doué Noumandiez, arbitre ivoirien respecté et alors directeur du développement de l’arbitrage de la CAF, remercié sans explication publique à quelques mois seulement de la CAN. Dans la foulée, la nomination de Safari Olivier Kabene, ancien arbitre assistant congolais, à la tête de la Commission centrale des arbitres, a suscité incompréhension et critiques, au détriment de profils expérimentés comme Bakary Gassama ou Essam Abdel-Fattah. Un paradoxe d’autant plus troublant que la CAF avait un temps envisagé de faire appel à des arbitres européens ou sud-américains pour renforcer la crédibilité de la compétition, avant d’abandonner cette option sans justification officielle. Pour Malang Diedhiou, le constat est sans appel : l’arbitrage demeure l’un des maillons les plus vulnérables du football africain. Tant que l’indépendance, la transparence et la protection contre les influences ne seront pas garanties, l’équité des compétitions restera menacée, au risque d’entacher durablement la crédibilité du football continental.  
  • DÉCÈS DE HALIMA GADJI : LE SÉNÉGAL PERD UNE FIGURE MAJEURE DE SA SCÈNE ARTISTIQUE

    DÉCÈS DE HALIMA GADJI : LE SÉNÉGAL PERD UNE FIGURE MAJEURE DE SA SCÈNE ARTISTIQUE

    Le rideau est tombé trop tôt pour Halima Gadji. L’actrice sénégalaise, figure emblématique du petit écran et des planches, s’est éteinte ce lundi 26 janvier 2025, plongeant le monde artistique dans une vive émotion. La nouvelle a suscité une onde de choc auprès de ses pairs, du public et de tous les passionnés de culture.

    Connue du grand public sous le nom de Marième Dial, personnage central de la série à succès « Maîtresse d’un homme marié », Halima Gadji avait su s’imposer par un jeu juste, une présence magnétique et une authenticité rare. À travers ce rôle devenu culte, elle a marqué toute une génération de téléspectateurs au Sénégal comme dans la diaspora.

    Avant cette consécration télévisuelle, l’actrice avait construit son parcours avec rigueur et discrétion. Issue du mannequinat, elle s’oriente rapidement vers le théâtre et le cinéma, où elle affine son art et affirme sa sensibilité artistique. Ses premières apparitions dans des productions telles que Tundu Wundu ou Sakho et Mangane laissent déjà entrevoir une actrice habitée, capable de nuances et d’émotions profondes.

    Au-delà des rôles, Halima Gadji incarnait une certaine idée de l’engagement artistique : celle d’une actrice profondément attachée à la valorisation de la culture sénégalaise, consciente de la portée sociale et symbolique de son métier. Son parcours, fait de passion, de travail et de constance, restera une référence dans le paysage culturel national.

    Sa disparition laisse un vide immense, mais aussi un héritage artistique durable. Celui d’une femme, d’une artiste, dont le talent continuera de vivre à travers les œuvres et les mémoires qu’elle a marquées.

  • Halte à la dérive punitive

    Halte à la dérive punitive

    Lettre Ouverte à l’attention de Mesdames et Messieurs les membres de la Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF).

    La Commission que vous honorez de votre expertise est aujourd’hui saisie d’un dossier d’une complexité et d’une gravité exceptionnelles : les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations opposant le Sénégal au Maroc.

    À l’heure où une décision historique, lourde de conséquences sportives, symboliques et institutionnelles, est sur le point d’être rendue, il est de notre devoir de solliciter votre sagacité pour replacer les faits dans leur exacte contexte juridique. Ce mémoire vise à démontrer que toute sanction portant atteinte au résultat sportif serait non seulement une erreur d’appréciation, mais aussi une rupture dangereuse avec la jurisprudence constante et la justice disciplinaire.

    I. SUR LA RÉALITÉ MATÉRIELLE DES FAITS : L’ABSENCE D’ABANDON
    Il est impératif de distinguer, sur le plan juridique, une interruption provisoire d’un abandon définitif.

    Il est constant que l’équipe du Sénégal a momentanément quitté la pelouse. Ce geste, s’il constitue indéniablement une faute disciplinaire, doit être analysé à l’aune de ses causes : une contestation d’une décision arbitrale perçue comme injuste et, surtout, un impératif immédiat de sécurité face à une ambiance hostile.

    Cependant, les faits objectifs établis par le rapport arbitral sont les suivants :

    Le match n’a jamais été arrêté définitivement par l’arbitre ;
    Aucun capitaine ni aucun responsable n’a signifié un refus catégorique et définitif de poursuivre la rencontre ;
    L’équipe est revenue sur le terrain et a disputé l’intégralité de la prolongation ;
    Le match a été mené à son terme sous l’autorité de l’arbitre central, sans qu’aucune procédure d’abandon n’ait été enclenchée par le corps arbitral.
    En droit sportif, l’abandon se caractérise par la volonté manifeste et non équivoque de ne pas achever la compétition. En l’espèce, la reprise du jeu et l’accomplissement du temps réglementaire et des prolongations démontrent que le lien contractuel sportif n’a pas été rompu par le Sénégal.Qualifier cet épisode d’« abandon de match » serait donc une qualification juridique inexacte et factuellement infondée.

    II. SUR LA NÉCESSITÉ D’UNE ANALYSE COMPARATIVE : LA JURISPRUDENCE CONSTANTE DE LA CAF
    Le droit disciplinaire sportif repose sur le principe de sécurité juridique, qui implique une stabilité dans la prise de décision. L’histoire récente et ancienne de la CAF offre des précédents explicites qui doivent servir de guide :

    Affaire Tunisie – Nigeria (CAN 1978) : Il y a eu un abandon définitif et caractérisé de l’équipe tunisienne, qui a refusé de revenir sur le terrain. La sanction a suivi la logique de la faute : perte du match et suspension.
    Finale Ligue des Champions 2019 (Wydad / Espérance) : Le Wydad a refusé de reprendre le jeu après un incident technologique (VAR). La CAF avait initialement ordonné une reprogrammation, avant que le TAS ne tranche. La faute reposait sur un refus de continuer sans que le match n’ait atteint son terme normal.

    CAN 2021 (Tunisie – Mali) : C’est le précédent le plus éloquent. L’arbitre a sifflé la fin du match par erreur (prématurément) alors que la Tunisie était menée. L’équipe tunisienne a protesté et refusé de reprendre les dernières secondes. La CAF a validé le résultat sportif sur le terrain et infligé des sanctions pécuniaires et administratives, sans annuler le score.
    La ligne de jurisprudence est donc on ne peut plus claire :
    La sanction maximale (perte du match, exclusion) est réservée à l’abandon définitif ou au refus caractérisé de jouer qui empêche la tenue de la rencontre.
    En l’espèce, puisque la rencontre s’est achevée normalement, le résultat sportif doit être consacré.

    III. SUR LE PRINCIPE DE PROPORTIONNALITÉ ET D’ÉQUITÉ
    Le droit disciplinaire repose sur un principe cardinal : la proportionnalité entre la faute et la sanction. Pénaliser une sortie temporaire et émotionnelle par une disqualification ou une perte de titre constituerait une « dérive punitive » sans commune mesure avec l’infraction.

    Il est également pertinent de souligner le contexte de la rencontre. Il est avéré que l’équipe adverse a également commis des actes antisportifs et des provocations tout au long du match. La justice disciplinaire ne saurait être à sens unique. Si la Commission décide de sanctionner, elle doit le faire avec équilibre, en tenant compte du climat général du match et des responsabilités partagées.

    Une faute collective, survenue dans un contexte de pression extrême (finale de CAN), qui n’a pas empêché le match d’aller à son terme, ne saurait être assimilée à une fraude ou un renoncement volontaire.

    IV. ENJEUX INSTITUTIONNELS ET FUTUR DE LA CAF
    Mesdames, Messieurs les membres de la Commission, votre décision dépassera le cadre de cette seule finale. Elle fera jurisprudence pour l’ensemble du football africain.

    Elle dira si :

    L’émotion humaine et la réaction réflexive dans un match à enjeu suprême peuvent être entendues comme des circonstances atténuantes ;
    La CAF demeure fidèle à sa propre pratique et à la cohérence de ses décisions passées (notamment l’affaire Tunisie-Mali 2021) ;
    L’autorité arbitrale et la justice sportive se renforcent par la sagesse, et non par la sévérité excessive.
    Rendre une décision juste aujourd’hui, c’est protéger la crédibilité de la CAF alors que le continent se prépare à accueillir le monde aux USA et au Canada. Le football africain a besoin de stabilité et de règles claires, appliquées avec intelligence.

    CONCLUSIONS
    Par ces motifs, nous avons l’honneur de solliciter respectueusement la Commission de discipline de la CAF pour:

    • Reconnaître formellement l’absence d’abandon de match, la rencontre ayant été menée à son terme réglementaire ;
    • Exclure toute sanction sportive portant atteinte au résultat acquis sur le terrain (victoire du Sénégal) ;
    • Limiter, le cas échéant, les mesures disciplinaires à des amendes financières strictement proportionnées à la faute commise, en tenant compte des provocations subies et du contexte émotionnel ;
    • Préserver l’intégrité sportive et l’équité, en veillant à ce que la sanction, si elle existe, n’entraîne pas une rupture de l’équilibre de la compétition.
      Nous nous remettons à votre haute appréciation pour rendre une décision qui honore la justice sportive africaine.

    Nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs, l’expression de notre haute considération.

    El Hadji Abdou Wade dit Mara.

  • Dakar–Rabat : une alliance stratégique en pleine relance

    Dakar–Rabat : une alliance stratégique en pleine relance

    Les 26 et 27 janvier 2026, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko est attendu au Maroc pour une visite officielle de haut niveau, marquée par la tenue de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine. Ce rendez-vous diplomatique s’inscrit dans une volonté commune de donner un nouvel élan à des relations historiques, solides et stratégiques entre le Sénégal et le Royaume du Maroc.

    Véritable plateforme d’orientation et de pilotage de la coopération bilatérale, la Commission mixte permet aux deux États de dresser le bilan des actions engagées et de définir de nouvelles priorités. Les discussions portent sur des domaines clés du développement : économie, finances, enseignement supérieur, santé, agriculture, énergie, mines, pêche, hydraulique, habitat, justice, défense et sécurité, illustrant l’ampleur et la profondeur du partenariat.

    Sur le plan commercial, les échanges affichent une dynamique soutenue. En 2024, les exportations sénégalaises vers le Maroc ont atteint 24,7 milliards de FCFA, enregistrant une progression de plus de 26 %, notamment grâce aux produits halieutiques et agroalimentaires. À l’inverse, les importations sénégalaises en provenance du Maroc se sont élevées à 147 milliards de FCFA, dominées par les produits manufacturés et de consommation.

    La relation économique est également portée par des investissements marocains structurants au Sénégal. Présents dans la finance, l’immobilier, les télécommunications, l’énergie, les BTP, l’agroalimentaire et la pharmacie, les groupes marocains jouent un rôle important dans la création de valeur, l’industrialisation et le renforcement du tissu productif local.

    Au-delà de l’économie, Dakar et Rabat s’appuient sur un cadre politique et institutionnel dense, fort de plus de 130 accords bilatéraux signés et d’une trentaine en cours de négociation. Cette proximité se traduit aussi par une convergence diplomatique sur les enjeux régionaux et internationaux, nourrie par des consultations régulières et une participation conjointe aux grands sommets.

    Par cette visite, Ousmane Sonko ambitionne de consolider les acquis, d’explorer de nouveaux axes de coopération et d’aligner le partenariat sénégalo-marocain sur les priorités de développement du Sénégal. La 15ᵉ Grande Commission mixte s’annonce ainsi comme un moment charnière pour approfondir et projeter durablement les relations entre Dakar et Rabat.

  • CAN au Maroc : Mamadou Koumé démonte les polémiques et consacre la suprématie sénégalaise

    CAN au Maroc : Mamadou Koumé démonte les polémiques et consacre la suprématie sénégalaise

    Mamadou Koumé, référence respectée du journalisme sportif sénégalais, a livré une analyse froide, argumentée et sans complaisance sur le sacre du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Pour l’ancien directeur général de l’Agence de Presse Sénégalaise, ce titre continental est sportivement incontestable, même si la finale s’est déroulée dans un climat lourd, marqué par de fortes tensions hors du terrain.

    Dès l’entame, Koumé est catégorique : le Sénégal a été la meilleure équipe du tournoi. Dominateurs, réguliers et solides, les Lions ont imposé leur loi tout au long de la compétition. « Six victoires en sept matchs, il n’y a pas débat », tranche-t-il, rappelant que la logique sportive a été respectée jusqu’au bout.

    Sa seule inquiétude avant la finale ne concernait ni le niveau des joueurs ni la tactique, mais l’arbitrage, face à un pays hôte historiquement avantagé dans ce type de rendez-vous. Selon lui, tout dépendait de la capacité de l’arbitre à maîtriser la rencontre. « Si l’arbitre tient le match, le Sénégal peut rivaliser », explique-t-il. Jusqu’aux dernières minutes, ce fragile équilibre semblait maintenu.

    Le match bascule, selon Koumé, dans le temps additionnel, après un corner sénégalais impliquant Achraf Hakimi et Abdoulaye Seck. Une action qu’il juge parfaitement régulière, mais dont l’interruption précipitée aurait déclenché une succession de décisions contestables. À ses yeux, l’usage de la VAR impose désormais une autre philosophie : « laisser jouer et vérifier ensuite ».

    Mais l’arbitrage n’est qu’un élément d’un environnement globalement hostile aux Lions. Mamadou Koumé évoque une série de dysfonctionnements autour de la finale : incidents avec les ramasseurs de balles, perturbations visant le gardien Édouard Mendy, et surtout l’intoxication alimentaire de trois joueurs sénégalais à la veille du match. « Tout cela crée un climat pesant », insiste-t-il.

    Il pointe également les failles dans la sécurisation de la délégation sénégalaise à son arrivée à Rabat. Si le transport en train respectait les règles, la protection de l’équipe, selon lui, n’était pas à la hauteur d’une finale continentale. « Le minimum était d’assurer une sécurité effective », regrette-t-il.

    Sur le penalty accordé puis manqué en fin de rencontre, Koumé adopte une lecture paradoxale : cette décision controversée aurait, selon lui, évité une prolongation et préservé l’issue sportive du match. Sans ce coup de sifflet, la finale aurait pu basculer dans une autre dimension.

    Enfin, il replace cette victoire dans le contexte historique de la CAN, où les pays organisateurs bénéficient souvent d’un avantage décisif en finale. Une réalité qu’il juge normale, à condition que l’équipe soit compétitive. « Le Maroc avait une bonne équipe. Mais le Sénégal, lui, avait une très grande équipe », conclut-il.

    Une analyse rigoureuse, dénuée de passion excessive, qui réaffirme l’essentiel : le Sénégal a conquis cette CAN sur le terrain, par sa supériorité collective, malgré une finale tendue et un contexte loin d’être neutre.

  • Thiès se dote d’un hub halieutique de nouvelle génération

    Thiès se dote d’un hub halieutique de nouvelle génération

    La région de Thiès vient de franchir une étape décisive dans la transformation de son secteur halieutique avec l’inauguration du marché central au poisson, une infrastructure moderne portée par l’État à travers l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM). La cérémonie a été présidée par la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Fatou Diouf, qui a salué un investissement stratégique de plus de deux milliards de FCFA, entièrement financé sur fonds propres.

    Implanté à Diassap, sur l’axe structurant Thiès–Tivaouane, le nouveau marché a été conçu comme un véritable pôle régional de distribution des produits de la mer. L’ambition affichée est claire : doter la filière d’un outil conforme aux normes sanitaires internationales, capable de renforcer la conservation, la traçabilité et la compétitivité des produits halieutiques.

    Érigée sur une superficie de 3 200 m², l’infrastructure peut traiter jusqu’à 8 000 tonnes de poisson par an. Elle est équipée de 300 étals modernes, d’espaces spécialisés pour l’écaillage et la préparation, de cinq chambres froides de grande capacité et de deux unités de production de glace, essentielles pour la maîtrise de la chaîne du froid.

    Selon le directeur général de l’ANAM, Bécaye Diop, le projet va bien au-delà d’un simple marché. Il s’inscrit dans une approche intégrée, pensée pour améliorer les conditions de travail des acteurs. Le site comprend ainsi un bâtiment R+2 dédié au repos, une mosquée, des toilettes publiques modernes, un restaurant et des salles de réunion adaptées aux échanges professionnels.

    L’innovation est également environnementale. Le marché bénéficiera d’un système de traitement des eaux usées, d’un château d’eau assurant une alimentation continue, et d’une autonomie énergétique solaire destinée à couvrir l’éclairage public et l’adduction d’eau.

    Pour la ministre Fatou Diouf, cette infrastructure répond à des faiblesses structurelles longtemps observées dans la région : pertes post-captures importantes, insuffisances dans la chaîne du froid et désorganisation des circuits de commercialisation. Elle a rappelé le rôle central de Thiès dans l’économie halieutique nationale, avec des débarquements annuels dépassant 130 000 tonnes, pour une valeur estimée à plus de 80 milliards de FCFA, issus de la Petite et de la Grande Côte.

    La présence de 54 fermes aquacoles dans la région illustre également la diversification en cours du secteur, un potentiel qui, selon la ministre, nécessitait impérativement des infrastructures modernes et adaptées aux exigences du marché.

    Aligné sur la Lettre de politique sectorielle 2025-2029 et la Vision Sénégal 2050, le marché central au poisson de Thiès est présenté comme un tournant majeur dans la modernisation de la filière. « C’est la fin de l’informel, de la précarité et des pertes évitables », a affirmé la ministre.

    Appelant à une appropriation responsable de l’ouvrage, Fatou Diouf a insisté sur la mise en place d’une gestion professionnelle et transparente, condition essentielle pour assurer la durabilité du site, l’entretien des équipements et l’amélioration durable des revenus des pêcheurs, mareyeurs, femmes transformatrices et transporteurs. Avec ce nouvel outil, Thiès s’impose plus que jamais comme un maillon central de la chaîne halieutique nationale, reliant production, transformation et consommation.

  • Diplomatie sénégalo-marocaine : Ousmane Sonko attendu à Rabat pour relancer la coopération et dialoguer avec la diaspora

    Diplomatie sénégalo-marocaine : Ousmane Sonko attendu à Rabat pour relancer la coopération et dialoguer avec la diaspora

    Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, effectuera une visite officielle au Maroc les 26 et 27 janvier 2026, à l’occasion de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération entre le Sénégal et le Maroc.

    D’après un communiqué du Consulat général du Sénégal à Casablanca, ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de consolidation des liens historiques, fraternels et stratégiques unissant Dakar et Rabat, avec l’ambition de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale dans plusieurs secteurs clés.

    En marge des travaux officiels, le chef du gouvernement sénégalais accordera une attention particulière à la communauté sénégalaise établie au Maroc. Une rencontre avec la diaspora est prévue le mardi 27 janvier à partir de 17 heures, à la salle couverte du Complexe sportif Mohamed V à Casablanca. Ce moment d’échanges se veut un cadre privilégié de dialogue direct, d’écoute et de concertation entre les autorités sénégalaises et leurs compatriotes vivant à l’étranger.

    À travers cette initiative, les autorités consulaires appellent l’ensemble de la diaspora à une mobilisation massive, soulignant que cette rencontre incarne à la fois l’unité nationale et la solidité du partenariat sénégalo-marocain, fondé sur une coopération durable et une fraternité ancienne.

  • Université du Sénégal oriental : 80 % de taux d’exécution, l’État exige une accélération pour une livraison en 2026

    Université du Sénégal oriental : 80 % de taux d’exécution, l’État exige une accélération pour une livraison en 2026

    Les travaux de gros œuvre de l’Université du Sénégal oriental (USO) affichent un taux d’avancement de 80 %, un niveau jugé encourageant mais encore insuffisant au regard des échéances fixées. En visite sur le chantier vendredi, Déthié Fall, ministre des Infrastructures, a salué les progrès réalisés tout en appelant à une accélération urgente du rythme des travaux afin de garantir une livraison effective en octobre 2026.

    Accompagné des autorités administratives et locales de la région de Tambacounda, le ministre a effectué cette visite dans le cadre du suivi rapproché de l’exécution du projet, considéré comme stratégique pour le développement de l’enseignement supérieur dans le Sénégal oriental.

    « Nous avons constaté un avancement globalement satisfaisant des travaux de gros œuvre, avec un taux d’exécution de 80 % », a déclaré Déthié Fall, tout en mettant en garde contre tout relâchement prématuré à cette étape clé du chantier.

    Conscient de l’importance des travaux restant à réaliser, notamment les lots techniques et les finitions, le ministre a exhorté l’entreprise Royal BTP, chargée de l’exécution, à renforcer les équipes et augmenter les heures de travail pour respecter le calendrier contractuel.

    Dans un ton ferme, il a averti :
    « Il ne faudrait pas que l’entreprise considère que le plus dur est fait. Je serai ici au mois d’octobre. Et si tout va bien, ce sera pour constater une livraison, pas pour écouter des explications. À défaut, l’État prendra ses responsabilités. »

    Dans la même dynamique de suivi rigoureux, Déthié Fall a annoncé une visite prochaine du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur les chantiers de l’USO. Une initiative qui, selon lui, illustre la priorité stratégique accordée par les plus hautes autorités à ce projet structurant, appelé à jouer un rôle majeur dans la formation, la recherche et le développement économique du Sénégal oriental.