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  • Au-delà de la CAN, Dakar et Rabat renouent le fil du dialogue

    Au-delà de la CAN, Dakar et Rabat renouent le fil du dialogue

     

    Le temps de l’apaisement semble sonner entre Dakar et Rabat. À la suite d’un échange téléphonique tenu mercredi soir avec le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’apprête à effectuer, en début de semaine prochaine, une visite officielle au Royaume chérifien.

    Ce déplacement intervient dans un contexte diplomatique sensible, quelques jours après les incidents ayant entouré la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. La victoire du Sénégal face au Maroc, acquise dans une atmosphère électrique, avait en effet ravivé des tensions inédites entre deux pays traditionnellement liés par une coopération étroite.

    Mandaté pour jouer les pompiers, Ousmane Sonko entend ramener la sérénité et rappeler que le football, aussi passionnel soit-il, ne saurait éclipser la profondeur des relations sénégalo-marocaines. L’objectif affiché est clair : dépasser l’émotion sportive pour réaffirmer une fraternité forgée par l’histoire, les échanges humains et les partenariats stratégiques.

    Le point culminant de cette visite sera la tenue de la 15ᵉ session de la Haute Commission mixte de partenariat maroco-sénégalaise. À cette occasion, les deux chefs de gouvernement entendent consolider une coopération qualifiée d’« historique, fraternelle et stratégique », couvrant des secteurs clés allant de l’économie à la diplomatie, en passant par la culture et la mobilité des personnes.

    En marge des travaux officiels, le Premier ministre sénégalais rencontrera également la communauté sénégalaise établie à Casablanca. Une initiative saluée par le Consulat général du Sénégal, qui y voit « une démarche de dialogue, d’écoute et de concertation », illustrant l’attention soutenue des autorités envers leurs compatriotes vivant à l’étranger.

    Au-delà des crispations conjoncturelles, Dakar et Rabat semblent ainsi déterminés à remettre la relation bilatérale sur ses rails, loin des turbulences du rectangle vert.

  • Maroc–Sénégal : une alliance africaine forgée par l’histoire, la foi et les peuples

    Maroc–Sénégal : une alliance africaine forgée par l’histoire, la foi et les peuples

    Les relations entre le Royaume du Maroc et la République du Sénégal s’inscrivent dans une trajectoire exceptionnelle, façonnée par une fraternité ancienne et une convergence durable de valeurs. Pour l’ambassadeur du Maroc à Dakar, Hassan Naciri, ce partenariat dépasse le cadre diplomatique classique : il repose sur des liens humains, spirituels et culturels profondément enracinés, hérités de siècles d’échanges et de solidarité.

    Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil à l’occasion d’un dossier spécial publié en juillet 2025, le diplomate a souligné le caractère unique de cette coopération, portée par une volonté politique constante au plus haut niveau. Selon lui, les dirigeants des deux pays ont, génération après génération, œuvré à bâtir une relation gagnant-gagnant, guidée par une vision commune du développement, de la stabilité et de l’unité du continent africain.

    Sur le plan politique, Hassan Naciri évoque une proximité rare entre Rabat et Dakar. Depuis l’accession du Sénégal à l’indépendance, les souverains marocains et les présidents sénégalais ont entretenu des relations marquées par la confiance, la fidélité et le respect mutuel. Cette entente s’est manifestée très tôt, notamment par l’engagement du Maroc aux côtés du Sénégal en 1960, lorsque le Royaume fut coauteur de la résolution ayant permis l’admission de Dakar aux Nations unies.

    L’ambassadeur a également rappelé des épisodes hautement symboliques de cette histoire partagée, tels que l’accueil réservé à feu le Roi Mohammed V à l’aéroport de Yoff en 1955, ou encore la participation de citoyens sénégalais à la Marche Verte de 1975, autant de moments qui témoignent d’une solidarité africaine concrète et vécue.

    Au-delà de la diplomatie, la relation maroco-sénégalaise puise sa force dans une communauté spirituelle profonde. Les deux pays partagent un islam sunnite de rite malékite, imprégné de soufisme et fondé sur la tolérance, une référence religieuse commune qui, selon Hassan Naciri, confère à ce partenariat une dimension singulière, ancrée autant dans les consciences que dans les institutions.

    Enfin, la proximité entre les peuples constitue l’un des piliers majeurs de cette relation. Les mariages mixtes, à l’origine de milliers de familles maroco-sénégalaises, ainsi que les échanges académiques nourris par la mobilité étudiante entre les universités des deux pays, illustrent une coopération vivante et humaine.

    Pour l’ambassadeur, l’addition de ces facteurs fait du Maroc et du Sénégal un exemple de relation bilatérale réussie en Afrique : une alliance solidement enracinée dans l’histoire, renforcée par un héritage commun et tournée vers une ambition partagée pour l’avenir du continent.

  • Rentrée judiciaire 2026 : le Chef de l’État sonne l’heure d’une refondation irréversible de la justice

    Rentrée judiciaire 2026 : le Chef de l’État sonne l’heure d’une refondation irréversible de la justice

    Pour la deuxième fois depuis son accession à la magistrature suprême, le Président de la République a présidé la cérémonie solennelle de rentrée des Cours et Tribunaux. Loin d’un simple rendez-vous protocolaire, l’événement a été érigé par le Chef de l’État en espace stratégique de réflexion, d’échange et de remise en question du système judiciaire national.

    Organisée dans un climat marqué par une forte exigence citoyenne, la rentrée judiciaire 2026 se tient à un moment charnière de la vie démocratique du pays. Elle intervient alors que les attentes en matière d’indépendance de la justice, de performance institutionnelle et de modernisation des juridictions n’ont jamais été aussi pressantes. Le Président a tenu à rappeler que la justice, rendue au nom du peuple, est soumise au regard permanent des citoyens, qui l’observent, la questionnent, la contestent parfois. Une posture qu’il juge légitime et qui, selon lui, oblige l’État à davantage de clarté, de pédagogie et surtout de résultats concrets.

    Dans un discours sans détour, le Chef de l’État a affirmé que la transformation du système judiciaire constitue une nécessité absolue. « Refonder la justice n’est pas une option », a-t-il martelé, soulignant qu’il s’agit d’une obligation à la fois morale, institutionnelle et démocratique. Cette exigence prend tout son sens au regard des sacrifices consentis par le peuple pour l’avènement d’une troisième alternance démocratique, saluée tant sur le plan national qu’international.

    Cette volonté de rupture et de renouveau, a rappelé le Président, s’est traduite dès les premiers mois du mandat par la tenue des Assises de la Justice. Ces larges concertations ont permis de poser un diagnostic sans complaisance et de formuler des recommandations structurantes, dont la mise en œuvre a d’ores et déjà commencé. Malgré leur ampleur, ces réformes convergent vers une même finalité : respecter le pacte de gouvernance scellé avec les citoyens et renforcer durablement l’État de droit.

    Concluant son propos, le Président de la République a invité magistrats, auxiliaires de justice et l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire à s’engager pleinement dans cette dynamique de transformation. Une justice indépendante, efficace et accessible demeure, selon lui, le socle indispensable d’une démocratie apaisée, crédible et résolument tournée vers l’avenir.

  • Uemoa : une croissance robuste face aux turbulences mondiales, mais des équilibres encore fragiles

    Uemoa : une croissance robuste face aux turbulences mondiales, mais des équilibres encore fragiles

    Dans un environnement international marqué par le ralentissement de l’activité économique et la recrudescence des tensions commerciales, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) se distingue par une résistance économique remarquable. Alors que le Fonds monétaire international ne prévoit qu’une croissance mondiale de 3,2 % en 2025, la zone Uemoa pourrait afficher une progression de 6,7 %, en nette amélioration par rapport aux 6,2 % enregistrés en 2024, selon les dernières projections conjoncturelles.

    Cette dynamique repose principalement sur la vigueur de la demande intérieure, de bonnes performances agricoles et surtout sur la montée en puissance de nouveaux projets énergétiques, notamment au Niger et au Sénégal. Ce dernier apparaît comme l’un des principaux moteurs régionaux : au troisième trimestre 2025, son activité industrielle a progressé de 25,3 %, portée par l’essor spectaculaire du secteur extractif lié au pétrole et au gaz offshore.

    Cependant, cette trajectoire favorable s’accompagne de zones de vulnérabilité. Au Sénégal, les exportations ont chuté de 11,4 %, alimentant un déficit commercial régional évalué à 261,4 milliards de FCFA. Sur le front des prix, l’inflation reste contenue à l’échelle de l’Union, avec une projection de 0,8 % en 2025, tandis qu’au Sénégal elle atteint 2,2 %, sous l’effet de la hausse persistante des produits alimentaires.

    Les finances publiques montrent néanmoins des signaux encourageants. Les recettes budgétaires de l’Uemoa ont progressé de 19,7 %, et le Sénégal a engagé un effort visible de maîtrise des dépenses. Ces avancées restent toutefois contrebalancées par un niveau de dette publique préoccupant, estimé à 119 % du PIB sénégalais, ainsi que par des pressions persistantes sur les réserves de change.

    Malgré ces défis, les perspectives économiques de l’Uemoa demeurent globalement positives. La région prouve sa capacité d’adaptation dans un contexte mondial incertain. Pour consolider cette croissance et la rendre durable, les autorités régionales appellent à renforcer l’assainissement budgétaire, à diversifier les exportations et à gérer avec rigueur les revenus issus des hydrocarbures, afin qu’ils deviennent un véritable levier de développement inclusif et durable.

  • Investissement public : le Sénégal dévoile une nouvelle doctrine pour accélérer sa transformation économique (2026-2028)

    Investissement public : le Sénégal dévoile une nouvelle doctrine pour accélérer sa transformation économique (2026-2028)

    Le Premier ministre a levé le voile sur le Plan spécial d’Investissement et de Financement 2026-2028, présenté comme un levier central de la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Plus qu’un simple cadre budgétaire, ce plan se veut un outil stratégique de rupture, destiné à orienter les ressources financières vers des priorités clairement ciblées, en parfaite cohérence avec les ambitions de développement durable et inclusif du pays.

    Au cœur de cette nouvelle trajectoire, l’exécutif entend stimuler les moteurs essentiels de la croissance, renforcer le capital humain et élargir l’accès des populations aux fruits du développement. L’objectif affiché est triple : créer massivement des emplois, améliorer durablement les conditions de vie et consolider la cohésion sociale et la sécurité nationale.

    Le Chef du Gouvernement a insisté sur un point clé : la réussite de cette transformation repose sur la mobilisation collective. L’État ambitionne de fédérer administrations publiques, secteur privé, collectivités territoriales et partenaires techniques et financiers autour d’une architecture de financement unifiée, structurée principalement autour du développement des filières productives.

    Le plan s’appuie sur trois piliers fondamentaux. D’abord, une sélection rigoureuse et stratégique des projets, privilégiant l’impact économique et social. Ensuite, une implication massive du secteur privé, appelé à devenir le véritable moteur de la mutation économique. Enfin, un engagement ferme de l’État en faveur de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance.

    À l’horizon 2028, plusieurs projets majeurs devraient atteindre un stade avancé, voire une mise en service complète. Figurent notamment parmi ces chantiers structurants le port sec de Tambacounda, le Grand Transfert d’Eau, les agropoles du Sud et du Centre, le réseau gazier national, ainsi que les ports de Ndayane et de Sendou.

    Parallèlement, le gouvernement prévoit de lancer ou de renforcer des investissements stratégiques dans l’énergie, la connectivité numérique et les infrastructures sociales. La relance d’entreprises publiques clés — SONACOS, Air Sénégal/AIBD et la SN La Poste — est également identifiée comme une priorité économique et souveraine.

    Selon le Premier ministre, cette orientation marque une refondation profonde de la gouvernance de l’investissement public. Elle vise à sécuriser les projets à fort effet catalyseur, en les mettant à l’abri des aléas liés aux financements extérieurs, tels que la lourdeur administrative, les suspensions ou les annulations provoquées par des chocs exogènes. Une nouvelle ère de planification et d’exécution économique que l’État sénégalais entend placer sous le signe de l’efficacité et de la souveraineté.

  • Dakar et Rabat misent sur l’apaisement après les tensions sportives

    Dakar et Rabat misent sur l’apaisement après les tensions sportives

    Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé avoir eu un long échange avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch, dans un contexte sensible marqué par des tensions liées à de récents événements sportifs. Les deux chefs de gouvernement ont réaffirmé leur volonté commune de préserver la solidité des relations entre le Sénégal et le Maroc.

    Selon Ousmane Sonko, cet entretien s’est tenu sous les hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, avec pour objectif de poursuivre le dialogue dans un climat de sérénité et d’apaisement, afin de consolider des liens historiques qualifiés de « profonds et séculaires ».

    Dans une publication sur Facebook, le chef du gouvernement sénégalais a indiqué suivre de très près, en collaboration avec les autorités consulaires, diplomatiques et marocaines, la situation des supporters interpellés à Rabat, ainsi que celle des ressortissants sénégalais résidant au Maroc.

    Parallèlement, il a mis en garde contre les débordements informationnels, appelant à la prudence face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux et dans certains médias, qu’il juge pour la plupart empreints de désinformation. Il a invité les citoyens des deux pays, ainsi que leurs amis, à désamorcer les tensions et à replacer cet épisode dans son strict cadre sportif, soulignant que les enjeux communs entre Dakar et Rabat dépassent largement ce type d’incident.

    Les deux Premiers ministres se sont également félicités de la tenue prochaine, du 26 au 28 janvier à Rabat, de la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte sénégalo-marocaine, qui sera présidée conjointement par les deux chefs de gouvernement. Cet important rendez-vous bilatéral, programmé d’un commun accord fin décembre 2025, marque la reprise d’un cadre de coopération interrompu depuis 2013, date de la dernière session organisée à Dakar.

    Enfin, le Sénégal a réaffirmé son attachement constant aux valeurs d’amitié, de paix et de respect mutuel entre les États et les peuples, rappelant son engagement de longue date en faveur de relations harmonieuses et constructives avec le Royaume du Maroc.

  • Mondial 2026 : le « Pass FIFA » américain, un sésame à l’efficacité limitée pour de nombreux supporters

    Mondial 2026 : le « Pass FIFA » américain, un sésame à l’efficacité limitée pour de nombreux supporters

    Les États-Unis ont officiellement lancé le « Pass FIFA », un dispositif censé accélérer l’accès aux visas pour les supporters munis de billets de la Coupe du monde 2026. Annoncée dès novembre par le président Donald Trump, cette mesure s’inscrit dans la perspective d’un tournoi historique, coorganisé avec le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet 2026, et dont 78 des 104 matchs se joueront sur le sol américain.

    Concrètement, le Pass FIFA permet aux fans concernés d’obtenir plus rapidement un rendez-vous consulaire et, potentiellement, un visa d’entrée aux États-Unis. Mais son utilité reste très relative. Pour les ressortissants français et la majorité des Européens, le dispositif est inutile : un simple ESTA suffit pour un séjour de moins de 90 jours.

    En revanche, la situation se complique pour les supporters issus de nombreux pays africains et asiatiques, surtout depuis le gel des procédures de visas d’immigration pour 75 États, décidé par l’administration Trump. Parmi ces pays figurent quinze nations qualifiées pour le Mondial 2026, dont l’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Maroc, la Tunisie et le Sénégal.

    Officiellement, Washington assure que ce gel n’affecte ni les visas touristiques ni les visas d’affaires. Dans les faits, les candidats au voyage devront anticiper leurs démarches et se préparer à des délais prolongés et à une incertitude administrative persistante, même avec un billet de match en poche.

    La situation est encore plus critique pour les ressortissants d’Haïti et d’Iran, dont les pays sont soumis à une interdiction quasi totale d’entrée sur le territoire américain. À l’inverse, pour des nations comme le Sénégal, champion d’Afrique, ou la Côte d’Ivoire, les restrictions demeurent partielles, laissant une marge de manœuvre, sans garantie.

    Si les équipes nationales ne rencontreront pas d’obstacles majeurs pour accéder aux États-Unis, le sort des supporters reste incertain. Le Pass FIFA offre une voie accélérée, mais aucune assurance d’obtention de visa. À un an du coup d’envoi, pour de nombreux fans, le rêve américain pourrait bien se heurter à la dure réalité des frontières.

  • L’Ivresse d’un triomphe sous sursis:Quand la bureaucratie de Zurich et du Caire menace d’assassiner le génie sénégalais Par Alioune NDIAYE

    J’écris ces lignes avec l’encre amère de la lucidité, loin des clameurs des stades de Casablanca et des fan-zones de Dakar. En visionnant les images qui défilent devant les réseaux pour me remettre à jour de ce que j’ai vu de mes propres yeux au Maroc, j’ai l’impression de vivre une CAN organisée par l’IA, tout semble irréelles, presque trop belles pour être vraies.

    Ce qui est véritablement artificiel aujourd’hui, ce n’est pas la beauté de notre football, c’est le silence assourdissant qui règne dans les couloirs feutrés de la CAF et les bureaux vitrés de la FIFA à propos du sort réservé au Sénégal. En tant qu’observateur de cette CAN Maroc 2025 et responsable d’organe de presse, je me dois de briser ce miroir aux alouettes, dénoncer et tirer la sonnette d’alarme auprès de mes compatriotes, mes collègues et des autorités.
    Le Sénégal jubile, le peuple danse, et la presse nationale ( pas toute) s’enivre de statistiques et de ralentis héroïques, ignorant que le véritable match se joue désormais loin du gazon, sur le terrain miné de l’administratif et du juridique. Il flotte au-dessus de la tête de Pape Thiaw et de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) une menace bien plus redoutable qu’une défense adverse : celle de la disqualification administrative et des sanctions disciplinaires ciblées.
    Je l’affirme ici sans détour, au risque de choquer : le succès d’un entraîneur local, l’autonomie grandissante de notre fédération et notre refus de courber l’échine devant certains diktats marketing dérangent. La CAF, souvent chambre d’écho des intérêts de la FIFA, a enclenché une machine bureaucratique froide pour rappeler à l’ordre ceux qui pensent que le talent suffit.

    Nous assistons à une tentative de déstabilisation institutionnalisée, une manipulation soutenue par un programme de désinformation activé au plan international. Une hors-série de la CAN planifiée sur le sceau de dossiers qui circulent sous le manteau à Rabat et parlent de non-conformité technique concernant les licences du staff de Pape Thiaw, ou encore de prétendus manquements au protocole éthique de la FIFA lors des zones mixtes. Ce sont des arguties, des pièges administratifs tendus par des lobbyistes qui préfèrent voir le football africain dirigé par des marionnettes dociles plutôt que par des techniciens patriotes. Le danger est réel : des amendes colossales, voire une suspension des cadres techniques, sont à l’étude. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est la réalité brutale du “sport-business” où l’on punit l’indépendance. La FIFA, dans sa volonté d’uniformiser le football mondial, supporte mal les exceptions culturelles et structurelles qui fonctionnent en dehors de son logiciel standardisé.
    Il est impératif de comprendre que nous sommes au bord d’un incident diplomatique majeur. Si la CAF, sous pression de Zurich, venait à sanctionner lourdement le Sénégal sur tapis vert pour des vices de forme créés de toutes pièces, cela dépasserait le cadre du sport. Cela deviendrait un affront direct à la souveraineté de notre jeunesse et à la compétence de nos instances.

    Le Maroc, terre d’accueil, se retrouve lui-même pris en étau, ne voulant pas gâcher sa fête mais ne pouvant s’opposer frontalement à l’instance mère. Le Sénégal ne doit pas être la variable d’ajustement des luttes de pouvoir entre les confédérations.
    C’est ici que je m’adresse à mes confrères de la presse sénégalaise : cessons de dormir debout ! Cessons de nous comporter comme de simples supporters munis de cartes de presse. Notre rôle n’est pas de hurler avec les loups dans la victoire, mais de veiller au grain quand l’orage menace la maison.
    Le patriotisme, ce n’est pas l’aveuglement festif ; c’est la vigilance critique. Au lieu de disséquer pour la millième fois le schéma tactique de la finale, enquêtons sur les courriers recommandés arrivés au siège de la FSF. Interrogeons les officiels sur les réserves techniques posées discrètement par nos adversaires, soutenus par des instances faîtières complaisantes.

    Notre plume doit devenir un bouclier pour Pape Thiaw et pour l’institution, non par flatterie, mais en exposant la vérité crue de ces manœuvres de couloir. Si nous laissons l’administration voler ce que le terrain a validé, nous ne serons pas des victimes, mais des complices par notre silence. Le football est une guerre qui se poursuit par d’autres moyens ; il est temps que la presse sénégalaise enfile son treillis intellectuel et protège l’essentiel, avant que le couperet de la bureaucratie ne transforme notre rêve en cauchemar juridique.

    Alioune Ndiaye /DG Africa7

  • CAN 2025 : le Sénégal à l’heure des « 100 », des chiffres qui entrent dans la légende

    CAN 2025 : le Sénégal à l’heure des « 100 », des chiffres qui entrent dans la légende

     

    Dans l’univers du football, le chiffre 100 n’est jamais anodin. Il symbolise la longévité, l’excellence et l’inscription durable dans l’histoire. À l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations 2025, le Sénégal et trois de ses cadres emblématiques ont franchi ce seuil mythique, ajoutant une dimension statistique forte à un sacre déjà historique. Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye et Pape Gueye sont au cœur de ces performances marquantes.

    Pape Gueye, le but qui change l’histoire

    Entré à jamais dans la mémoire collective, le but inscrit par Pape Gueye en prolongation face au Maroc n’a pas seulement offert au Sénégal son deuxième titre continental. Il a aussi établi un double record. Le milieu de terrain est devenu le tout premier joueur sénégalais à marquer en finale de Coupe d’Afrique des nations.

    Mais l’exploit va plus loin : cette réalisation est également le 100ᵉ but de l’histoire des Lions en phase finale de CAN. Avant l’édition 2025, le Sénégal totalisait 87 buts en 17 participations. Les 13 buts inscrits lors de cette 18ᵉ campagne ont permis d’atteindre ce cap symbolique. Au total, ces 100 réalisations ont été marquées en 76 matchs, soit une moyenne remarquable d’environ 1,3 but par rencontre.

    Idrissa Gana Gueye, la constance au sommet

    Véritable pilier de la Tanière depuis plus d’une décennie, Idrissa Gana Gueye continue d’écrire sa légende. Avec 128 sélections, il est le joueur le plus capé de l’histoire de l’équipe nationale du Sénégal. En Coupe d’Afrique des nations, il partage également le record du plus grand nombre de matchs disputés (29) avec Sadio Mané.

    La finale de la CAN 2025 contre le Maroc a marqué un autre jalon important de sa carrière : son 100ᵉ match officiel sous le maillot sénégalais. Une soirée parfaite pour le milieu de terrain de 36 ans, conclue par l’obtention d’une deuxième étoile continentale, symbole d’une carrière exceptionnelle faite de régularité et de sacrifices.

    Kalidou Koulibaly, capitaine centenaire

    Leader naturel et figure d’autorité sur le terrain, Kalidou Koulibaly a lui aussi rejoint le cercle très fermé des centenaires. Le 30 décembre 2025, lors de la victoire éclatante contre le Bénin (3-0) en phase de groupes, le capitaine des Lions a célébré sa 100ᵉ sélection en équipe nationale.

    Depuis, le défenseur central a porté ce total à 102 capes, se hissant au troisième rang des joueurs les plus capés de l’histoire du Sénégal, derrière Sadio Mané et Idrissa Gana Gueye. Un parcours exemplaire, à l’image de son rôle dans le sacre continental et de son engagement constant au service du drapeau.

    Avec ces chiffres ronds et hautement symboliques, la CAN 2025 aura définitivement consacré une génération sénégalaise entrée dans l’histoire, non seulement par les trophées, mais aussi par la trace indélébile laissée dans les statistiques du football africain.

  • CAN 2025 : Dakar célèbre ses héros, les Lions accueillis en triomphe par la Nation

    CAN 2025 : Dakar célèbre ses héros, les Lions accueillis en triomphe par la Nation

    Dans la nuit, l’Aéroport international Blaise Diagne s’est transformé en haut lieu de communion nationale. De retour d’un parcours magistral achevé par un nouveau sacre continental, les joueurs de l’équipe nationale du Sénégal et leur encadrement technique ont foulé le sol sénégalais sous les acclamations et les honneurs de la République.

    Aux premières heures de la journée, une réception solennelle leur a été réservée par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, entouré du Premier ministre, des membres du Gouvernement et de parlementaires issus aussi bien de la majorité que de l’opposition. Dans une atmosphère chargée d’émotion et de fierté collective, la Nation tout entière a salué l’exploit de ses champions.

    Point d’orgue de la cérémonie, le capitaine Kalidou Koulibaly a officiellement présenté le trophée continental au chef de l’État. Un geste hautement symbolique, incarnant l’aboutissement d’un engagement collectif et la fidélité des Lions à la promesse faite au peuple sénégalais.

    Prenant la parole, le Président de la République a rendu un hommage appuyé à une équipe qu’il a qualifiée d’exemplaire. Il a mis en exergue non seulement la performance sportive, mais aussi la qualité du jeu proposé et l’attitude irréprochable des Lions tout au long de la compétition.

    Revenant sur la cérémonie de remise du drapeau national avant le départ pour le Maroc, Bassirou Diomaye Faye a souligné que l’équipe nationale avait honoré sa parole en ramenant le trophée continental au pays, après une finale maîtrisée face à la sélection marocaine, hôte de la compétition.

    Le chef de l’État a enfin insisté sur la dette de reconnaissance que la Nation doit à ses champions, affirmant que le sentiment dominant demeure une fierté profonde et partagée. Il a annoncé que cet hommage se prolongera dans les jours à venir à travers de grandes célébrations populaires, dont une parade nationale suivie d’une réception officielle au Palais de la République, afin de graver durablement ce nouveau sacre dans la mémoire collective du Sénégal.