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  • Sénégal–Mali : sobriété, respect et détermination avant le choc

    Sénégal–Mali : sobriété, respect et détermination avant le choc

    À la veille du quart de finale très attendu face au Mali, le Sénégal avance sans tapage. Devant la presse, le sélectionneur des Lions, Pape Thiaw, accompagné de son milieu de terrain Pape Guèye, a livré un discours mesuré, loin des excès verbaux, à l’image d’un groupe concentré sur l’essentiel : le jeu, la discipline et la performance collective.

    D’entrée, Pape Thiaw a tenu à désamorcer toute tentative de dramatisation autour de cette affiche ouest-africaine. « Ce n’est pas une guerre, c’est un match de football », a-t-il rappelé avec fermeté, soulignant la proximité historique et humaine entre les deux nations. « Entre Sénégalais et Maliens, les liens sont profonds. Nous partageons des familles, des histoires, des cultures. Moi-même, j’ai un parent malien », a-t-il confié, refusant toute lecture conflictuelle de la rencontre.

    Un groupe dense, une concurrence assumée

    Sur le plan sportif, le sélectionneur a insisté sur la richesse de son effectif et sur une gestion du groupe fondée sur la méritocratie. « J’ai amené vingt-huit joueurs capables de débuter. Il n’y a pas de titulaires intouchables », a-t-il affirmé, mettant en avant une concurrence saine et stimulante. Les choix, précise-t-il, se feront en fonction de l’adversaire et du plan de jeu, dans un esprit de cohésion et de responsabilité collective.

    Loin de toute arrogance, Pape Thiaw a également reconnu la valeur du Mali, saluant une équipe solide et mentalement forte. « Ils ont montré beaucoup de caractère, notamment en jouant à dix sans perdre. C’est une équipe qui force le respect », a-t-il déclaré, appelant ses joueurs à une concentration totale dès le coup d’envoi.

    Le duel du milieu, clé du match

    Aux côtés du sélectionneur, Pape Guèye a livré une lecture lucide de la rencontre à venir. Pour le milieu sénégalais, le match s’annonce intense, engagé et disputé. « Le Mali est une équipe très physique. Il faudra être prêts à répondre dans l’impact, sans renier notre identité de jeu », a-t-il expliqué, estimant que la bataille se jouera en grande partie dans l’entrejeu.

    Le joueur a également souligné l’importance du soutien populaire, véritable moteur psychologique pour les Lions. « Les supporters nous portent. On a parfois l’impression de jouer à domicile. Contre le Soudan, leur soutien a été déterminant pour revenir au score », a-t-il rappelé.

    Gana Gueye, le repère du vestiaire

    Pape Guèye n’a pas manqué de mettre en lumière le rôle central d’Idrissa Gana Gueye, figure d’équilibre et de leadership au sein du groupe. « Gana nous apporte beaucoup de sérénité. Son expérience, sa communication et sa lecture du jeu facilitent énormément les choses, sur le terrain comme en dehors », a-t-il souligné.

    À l’approche de ce quart de finale à haute intensité sportive, le Sénégal affiche ainsi un visage maîtrisé : respectueux de l’adversaire, confiant en ses forces et résolument tourné vers l’objectif. Face à un Mali solide et ambitieux, les Lions se préparent à livrer un combat de football, intense mais maîtrisé, avec la conviction tranquille de ceux qui savent où ils veulent aller.

     

     

     

  • Dakar–Nouakchott : une alliance stratégique renforcée face aux défis régionaux

    Dakar–Nouakchott : une alliance stratégique renforcée face aux défis régionaux

    Dakar et Nouakchott entendent franchir un nouveau cap dans leur relation bilatérale. À l’issue de la visite de travail et d’amitié effectuée dans la capitale sénégalaise, les 8 et 9 janvier 2026, le Premier ministre mauritanien El Moctar Ould Djay et son homologue sénégalais Ousmane Sonko ont affiché une volonté commune de hisser le partenariat entre les deux pays à un niveau stratégique, fondé sur la solidarité, la complémentarité économique et la stabilité régionale.

    Cette visite, la première du chef du gouvernement mauritanien à Dakar depuis l’installation des nouvelles autorités sénégalaises, s’inscrit dans la continuité du déplacement d’Ousmane Sonko à Nouakchott en janvier 2025. Elle traduit une dynamique diplomatique soutenue, portée par des liens historiques, géographiques et humains profonds, mais aussi par une convergence de priorités face aux mutations économiques et sécuritaires du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

    Dialogue politique dense et feuille de route opérationnelle

    Les échanges, marqués par un entretien en tête-à-tête suivi d’une session élargie aux délégations, ont permis de passer en revue l’ensemble des dossiers structurants de la coopération sénégalo-mauritanienne. Les deux Premiers ministres ont salué la qualité du dialogue politique entre leurs États, soulignant la régularité des consultations de haut niveau et l’alignement de leurs positions sur plusieurs enjeux stratégiques.

    Dans une logique de résultats concrets, Dakar et Nouakchott ont décidé de réactiver le Groupe d’impulsion interministériel chargé du suivi des accords bilatéraux, afin d’accélérer leur mise en œuvre effective. La coopération universitaire a également été remise au centre de l’agenda commun, avec l’opérationnalisation du programme d’enseignement supérieur signé en novembre 2025.

    Projets structurants et coopération énergétique au premier plan

    La coopération énergétique s’est imposée comme l’un des axes majeurs de la visite. Les deux parties ont salué les avancées du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), devenu le symbole d’un partenariat stratégique à haute valeur économique et géopolitique. La visite conjointe des Présidents Bassirou Diomaye Diakhar Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani sur la plateforme gazière, en mai 2025, a été rappelée comme un tournant historique, marquant le démarrage effectif de la production et de l’exportation du gaz naturel liquéfié.

    Les gouvernements sénégalais et mauritanien se sont engagés à renforcer le contenu local du projet GTA et à finaliser les projets hydroélectriques communs, dans une perspective de souveraineté énergétique et de développement partagé.

    Autre chantier emblématique : le pont de Rosso. Cette infrastructure stratégique, appelée à transformer la mobilité transfrontalière, est perçue comme un levier majeur de l’intégration économique et de la fluidification des échanges entre les deux pays.

    Commerce, pêche et sécurité : des réponses communes à des enjeux communs

    Sur le plan économique, les discussions ont porté sur la relance du commerce bilatéral, avec l’annonce prochaine de la mise en œuvre de l’Accord de coopération commerciale et la création d’un comité mixte dédié. Les deux parties se sont félicitées de la suppression de la rupture de charge depuis novembre 2025, ainsi que des projets de bureau de fret et de plateforme numérique destinés à moderniser et sécuriser les échanges.

    Dans le secteur halieutique, Dakar et Nouakchott ont reconduit leur protocole de pêche pour une durée de douze mois, tout en élargissant leur coopération à la lutte contre la pêche illicite, au développement de l’aquaculture et au renforcement du contrôle sanitaire des produits de la mer.

    Face à la recrudescence des menaces sanitaires, notamment la fièvre de la vallée du Rift, les deux gouvernements ont décidé d’intensifier leur coopération en matière de santé et d’élevage. Un projet régional de modernisation des filières d’élevage est annoncé, avec l’ambition d’atteindre l’autosuffisance en lait et de sécuriser l’alimentation du bétail.

    La coopération militaire, qualifiée d’exemplaire, sera par ailleurs étendue à l’ensemble des forces de défense et de sécurité, dans un contexte régional marqué par la persistance des menaces sécuritaires transfrontalières.

    Alignement diplomatique et vision régionale partagée

    Sur les dossiers régionaux et internationaux, les deux délégations ont mis en avant leur convergence de vues sur les grands enjeux contemporains, notamment le changement climatique, la lutte contre la désertification, le terrorisme et l’extrémisme violent. Elles ont convenu de renforcer la coordination de leurs positions au sein des organisations régionales et internationales, en s’appuyant sur des cadres communs tels que l’OMVS et l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte.

    Au cours de son séjour, El Moctar Ould Djay a été reçu par le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à qui il a transmis un message de fraternité du Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

    En quittant Dakar, le Premier ministre mauritanien a salué la qualité des échanges et l’accueil réservé à sa délégation, affirmant que cette visite marque une nouvelle étape dans la consolidation d’un axe Dakar–Nouakchott résolument tourné vers l’intégration, la stabilité et le développement partagé.

  • L’État instaure une indemnité de logement pour ses agents

    L’État instaure une indemnité de logement pour ses agents

     

    L’État a franchi une nouvelle étape dans l’amélioration des conditions de vie de ses agents avec l’adoption du décret n°2026-06 du 7 janvier 2026 portant attribution d’une indemnité représentative de logement. Cette mesure, officialisée par communiqué, vise à répondre aux difficultés persistantes liées à l’accès au logement, notamment dans les centres urbains où les coûts locatifs connaissent une hausse continue.

    Selon le communiqué, cette indemnité est destinée aux agents de l’État ne bénéficiant pas d’un logement administratif. Elle a pour objectif de compenser partiellement les charges locatives supportées par ces travailleurs, tout en instaurant un cadre plus équitable dans la prise en charge des dépenses liées au logement. Le texte précise que l’indemnité est attribuée en fonction de critères bien définis, tenant compte du statut de l’agent, de sa catégorie administrative et de son lieu d’affectation.

    Le décret s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes sociales engagées par les autorités, qui cherchent à renforcer l’attractivité de la fonction publique et à améliorer le bien-être des agents. Pour de nombreux fonctionnaires, cette décision est perçue comme une reconnaissance des réalités économiques auxquelles ils sont confrontés au quotidien, notamment face à l’augmentation du coût de la vie.

    D’un point de vue institutionnel, l’indemnité représentative de logement vise également à rationaliser les dépenses de l’État. En substituant, dans certains cas, l’attribution de logements administratifs par une indemnité financière, les pouvoirs publics entendent optimiser la gestion du parc immobilier de l’État tout en offrant plus de flexibilité aux agents concernés.

    Toutefois, le communiqué souligne que les modalités pratiques de mise en œuvre, notamment les montants exacts de l’indemnité et les procédures de versement, feront l’objet de textes d’application ou de circulaires complémentaires. Les administrations concernées sont appelées à veiller à une application rigoureuse du décret afin d’éviter toute disparité ou interprétation abusive.

    En définitive, l’adoption de ce décret marque une avancée significative dans la politique sociale de l’État. Si son impact réel dépendra de son application effective sur le terrain, l’indemnité représentative de logement apparaît déjà comme une mesure attendue, susceptible d’améliorer les conditions de travail et de vie de milliers d’agents publics.

  • Gouvernance : le Président exige l’accélération totale de l’action publique et des résultats mesurables dès 2026

    Gouvernance : le Président exige l’accélération totale de l’action publique et des résultats mesurables dès 2026

     

    Le Président de la République a ordonné une intensification immédiate et soutenue de la mise en œuvre des politiques publiques sur l’ensemble du territoire national, afin de répondre de manière concrète aux attentes des populations. Revenant sur son message à la Nation du 31 décembre 2025, il a rappelé que cet exercice a permis d’évaluer sans complaisance les réalisations de l’État et de fixer clairement les orientations stratégiques des grands programmes et investissements à venir.

    Face à l’exigence de performance, le Chef de l’État a appelé le Gouvernement à traduire les lettres de politiques sectorielles en résultats tangibles. Il a instruit le Premier ministre de mettre en place un suivi mensuel rigoureux de l’agenda législatif et réglementaire, ainsi que de l’exécution du Plan d’actions gouvernemental pour l’année 2026.

    Le Président a placé au cœur des priorités nationales l’amélioration du pouvoir d’achat, la relance durable de l’économie et la redynamisation des secteurs moteurs, notamment les infrastructures, le bâtiment et les travaux publics. Il a également insisté sur la promotion des filières à forte valeur ajoutée destinées à l’exportation, telles que l’horticulture, le tourisme, la pêche et l’artisanat d’art.

    L’année 2026 devra marquer un tournant décisif dans la consolidation de la solidarité nationale. Le Chef de l’État a appelé à l’amplification des programmes sociaux, avec un accent particulier sur l’emploi, l’économie sociale et solidaire et le développement des coopératives comme instruments de croissance inclusive.

    Sur le plan institutionnel, le Président a fixé l’échéance du premier semestre 2026 pour la mise en place effective des Pôles-territoires. Il a, par ailleurs, insisté sur l’approfondissement de la décentralisation, la modernisation de l’administration, l’amélioration de la qualité du service public et l’accélération de la digitalisation des procédures. La prochaine Conférence des Administrateurs et Managers publics sera consacrée à la qualité du service public, tandis que la cinquième Conférence sociale portera sur la productivité au travail.

    Le Chef de l’État a également exigé une accélération des réformes structurelles de la sphère publique afin de rationaliser le fonctionnement des administrations et du secteur parapublic. Il a réaffirmé son engagement en faveur de la réforme du système de santé, de l’optimisation des financements publics, du bon fonctionnement des universités et établissements d’enseignement supérieur publics, du développement de la formation professionnelle et technique, ainsi que du déroulement normal de l’année scolaire.

    Plaçant la jeunesse au cœur de l’action gouvernementale, le Président a demandé une meilleure cohérence des politiques éducatives, sportives et de jeunesse. Il a enfin appelé à une mobilisation totale de l’État pour assurer l’organisation réussie des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. il a instruit le Premier ministre de déployer une stratégie de communication gouvernementale fondée sur la culture du résultat et la valorisation des réalisations concrètes de l’action publique.

  • Lutte sénégalaise : le ministre de l’Intérieur déclare la guerre au « simol »

    Lutte sénégalaise : le ministre de l’Intérieur déclare la guerre au « simol »

     

    Le phénomène du « simol », ces agressions collectives et vols organisés qui surviennent en marge des combats de lutte, est désormais dans le viseur des autorités. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, a affiché mardi une fermeté sans équivoque face à des pratiques qu’il juge incompatibles avec la sécurité des citoyens et l’image de la lutte sénégalaise.

    S’exprimant lors d’une conférence tenue à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS), le ministre a dénoncé des actes qui transforment les arènes en zones à risque pour les spectateurs. « Il est inacceptable que des citoyens soient agressés à la fin des combats. Les auteurs de simol doivent être identifiés et sanctionnés sans délai », a-t-il martelé, appelant à une réaction rapide et coordonnée.

    Dans cette optique, Me Bamba Cissé a instruit le gouverneur de Dakar de convoquer l’ensemble des acteurs de la lutte — promoteurs, lutteurs, managers, fan-clubs et communicateurs traditionnels — afin de définir des mesures concrètes de prévention et de sécurisation des événements. L’objectif affiché est clair : restaurer un climat de sérénité autour des combats et protéger le public.

    Parallèlement, le ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie sur les incidents récents, ainsi qu’une mobilisation renforcée des forces de l’ordre lors des prochaines affiches. « La sécurité des citoyens prime sur tout. Nous ne pouvons pas laisser le simol s’installer durablement », a-t-il insisté.

    Au-delà de la répression, Me Bamba Cissé a également évoqué la mise en place d’un mécanisme de responsabilisation impliquant aussi bien les acteurs de la lutte que les spectateurs, afin de prévenir les débordements. Une démarche qui vise à garantir des arènes sûres et à préserver la lutte, sport emblématique, de dérives susceptibles d’en ternir durablement l’image.

  • Collision meurtrière sur l’axe de la Transgambienne : au moins sept morts

    Collision meurtrière sur l’axe de la Transgambienne : au moins sept morts

     

    Un terrible accident de la circulation a endeuillé, ce mardi matin vers 10 heures, l’axe stratégique de la Transgambienne. Le choc, d’une extrême violence, a impliqué un minibus assurant la liaison Ziguinchor–nord du pays et un bus de grande capacité en provenance de Dakar à destination de la Casamance.

    Le minibus, qui transportait quatorze passagers, a violemment percuté le car venant en sens inverse, dans des circonstances qui restent, pour l’heure, non élucidées. Le bilan provisoire fait état d’au moins sept décès, ainsi que de plusieurs blessés, certains dans un état jugé préoccupant.

    Alertés en urgence, les services de secours se sont rapidement déployés sur les lieux pour extraire les victimes des carcasses disloquées et les évacuer vers les centres de santé les plus proches. Les autorités administratives et sécuritaires ont également effectué le déplacement afin de sécuriser la zone et faciliter les opérations de sauvetage.

    Une enquête a été immédiatement ouverte pour faire toute la lumière sur les causes de ce drame et situer les responsabilités. En attendant les conclusions officielles, le bilan humain demeure provisoire et pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

  • Abdoulaye Fall : « Nous ne pouvons plus dépendre des subventions »

    Abdoulaye Fall : « Nous ne pouvons plus dépendre des subventions »

    La Fédération sénégalaise de football est à un moment charnière de son histoire. Réunie à Tanger dans le cadre du séminaire stratégique Smart FSF 2028, la FSF a surtout donné la parole à son président, Abdoulaye Fall, qui a dressé un diagnostic sans fard de la situation financière de l’institution et assumé une volonté claire : changer radicalement le modèle économique du football sénégalais.

    « Nous avons hérité d’une Fédération lourdement endettée »

    Dès l’entame des échanges, Abdoulaye Fall a tenu à poser le contexte. À son arrivée à la tête de la Fédération, la situation était loin d’être saine.

    « Lors de la passation de service, on nous a présenté une Fédération avec une dette de plus de 900 millions de FCFA », a-t-il révélé, précisant que cette dette concernait des fournisseurs et divers créanciers.

    Au-delà de l’endettement, la réalité de la trésorerie a également surpris la nouvelle équipe dirigeante. En dehors d’un compte FIFA crédité de plus d’un milliard de FCFA, les autres comptes de la FSF affichaient moins de 60 millions. « Même pour faire fonctionner la Fédération, c’était compliqué », a reconnu le président.

    Rompre avec la dépendance aux aides

    Pour Abdoulaye Fall, cette situation impose un changement de paradigme. « Nous ne pouvons plus dépendre uniquement des subventions de la CAF, de la FIFA ou de l’État », a-t-il martelé. Une dépendance d’autant plus problématique que la prise en charge totale des équipes nationales par l’État n’est plus une réalité aujourd’hui.

    Le président de la FSF assume donc une orientation stratégique forte : faire du football sénégalais un secteur capable de s’autofinancer. « À un moment donné, il fallait trouver des stratégies pour générer des ressources », a-t-il expliqué, en rappelant que plusieurs matchs organisés avant son arrivée s’étaient révélés déficitaires.

    Les stades comme moteurs de revenus

    Au cœur de cette nouvelle vision, les infrastructures sportives occupent une place centrale. Le stade Demba Diop, dont la FSF doit assurer 60 % du financement, cristallise les enjeux. Si le financement externe est annoncé comme disponible, la contrepartie financière reste un obstacle majeur.

    Pour Abdoulaye Fall, les stades doivent changer de vocation. « Un stade ne peut plus être seulement un lieu où l’on joue au football », sous-entend-il. La Fédération entend ainsi transformer le stade Maniang Soumaré en un véritable hub économique, capable de générer des revenus réguliers au-delà des jours de match.

    Le virage digital, une nécessité

    Autre chantier jugé prioritaire par le président de la FSF : le digital. Avec la plateforme Go Gaïndé, développée en partenariat avec Axel Technologie, la Fédération veut structurer son écosystème numérique. Fan ID, données supporters, billetterie et services digitaux doivent permettre d’atteindre un objectif clair : 100 000 téléchargements.

    « Nos plateformes n’ont pas encore produit les revenus espérés », a reconnu Abdoulaye Fall, convaincu que la valorisation des données et l’engagement des fans constituent un levier économique majeur pour l’avenir.

    Transparence et traçabilité comme ligne directrice

    Dans son discours, Abdoulaye Fall a également insisté sur la gouvernance. La réforme engagée à travers Smart FSF 2028 se veut alignée sur les principes de performance et de redevabilité. « Chaque franc investi doit être traçable et justifié », a-t-il affirmé, plaidant pour une gestion rigoureuse et moderne de la Fédération.

    « Smart FSF 2028, ce n’est pas un slogan », a résumé Abdoulaye Fall. C’est, selon lui, la condition pour que la Fédération sénégalaise de football puisse continuer à performer sportivement tout en reposant sur des bases financières solides et durables.

    avec D sport

  • Arachide : Ousmane Sonko ordonne un renforcement massif des achats de la SONACOS à Kaolack

    Arachide : Ousmane Sonko ordonne un renforcement massif des achats de la SONACOS à Kaolack

    En déplacement à Kaolack, épicentre historique du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé un acte fort en direction des producteurs. Face aux difficultés persistantes de la campagne de commercialisation, il a ordonné une hausse spectaculaire de la capacité d’achat de la SONACOS, désormais portée à 450 000 tonnes de graines d’arachide, contre 250 000 tonnes initialement programmées.

    « La SONACOS doit acheter 450 000 tonnes », a tranché le chef du gouvernement, mettant en avant la nécessité d’un engagement accru de l’État pour absorber une production nationale abondante et soulager des milliers de paysans confrontés à l’engorgement du marché. Une décision aux implications financières lourdes, quand on sait que l’acquisition de 250 000 tonnes nécessite déjà un financement évalué à 106 milliards de francs CFA.

    L’annonce a été faite à l’issue d’une visite de l’usine SONACOS de Lyndiane, où Ousmane Sonko est allé constater de visu l’état d’avancement de la campagne arachidière. Le Premier ministre s’est ensuite rendu à Ndiaffate Sérère pour un échange direct avec les acteurs du monde rural de la région de Kaolack, à l’écoute de leurs doléances et inquiétudes.

    Confronté à une situation qu’il qualifie lui-même d’héritage de dysfonctionnements structurels, le chef du gouvernement a annoncé la mobilisation imminente de ressources comprises entre 50 et 75 milliards de francs CFA afin de renforcer, à court terme, la capacité d’intervention de la SONACOS. Sans détour, il a reconnu les limites de l’action publique dans l’immédiat, tout en promettant une réponse rapide et concrète.

    « On ne peut pas réparer en un jour ce qui a été fragilisé pendant des années », a-t-il concédé, avant d’assurer que des mesures urgentes sont en cours pour accélérer l’achat des graines et éviter des pertes massives pour les producteurs.

    Déterminé à redonner souffle à une filière stratégique de l’économie nationale, Ousmane Sonko a promis que, dans les tout prochains jours, des décisions visibles seront mises en œuvre pour garantir un écoulement rapide et efficace de la production arachidière, réaffirmant ainsi la volonté de l’État de replacer l’agriculture au cœur de ses priorités.

  • Nouvel An endeuillé à la Sicap Liberté 5 : un jeune meurt après une soirée sous drogue

    Nouvel An endeuillé à la Sicap Liberté 5 : un jeune meurt après une soirée sous drogue

     

    Ce qui devait être une simple célébration du Nouvel An a viré au drame à la Sicap Liberté 5. Huit jeunes, âgés de 16 à 23 ans, pour la plupart élèves et mécaniciens, avaient loué un appartement meublé pour la journée au prix de 130 000 FCFA. La fête, organisée à huis clos, a basculé après la consommation de produits stupéfiants.

    Selon *L’Observateur* dans son édition du mardi 6 janvier, le groupe a consommé du chanvre indien ainsi qu’une drogue de synthèse connue sous le nom d’ecstasy rose, surnommée « Tik-Tok ». La victime, Baye Cheikh, domicilié à la Médina, aurait fumé plusieurs joints avant d’ingérer une demi-pilule. L’autre moitié aurait été dissoute dans une boisson partagée entre ses amis.

    Quelques minutes plus tard, le jeune homme a commencé à ressentir de violents maux de tête, avant de présenter des signes de détresse aiguë et de perdre le contrôle de ses gestes. Malgré l’assistance de ses camarades puis l’intervention des sapeurs-pompiers de Dieuppeul, il n’a pas pu être réanimé.

    Alertée, la police s’est rendue sur les lieux et a découvert des résidus de drogue ainsi que du matériel de consommation. Une autopsie a été ordonnée afin de déterminer les causes exactes du décès.

    Les amis de la victime ont été placés en garde à vue pour détention et usage collectif de substances psychotropes, ainsi que pour non-assistance à personne en danger. Le propriétaire de l’appartement, identifié sous le nom de Ch. D., est activement recherché par les enquêteurs.

  • Campagne arachidière: Ousmane Sonko annonce un renforcement du soutien de l’État aux producteurs

    Campagne arachidière: Ousmane Sonko annonce un renforcement du soutien de l’État aux producteurs

    Le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué, hier, une visite de terrain à Kaolack, au cœur du bassin arachidier, pour s’enquérir du déroulement de la campagne de commercialisation de l’arachide. Cette filière stratégique, qui fait vivre des millions de Sénégalais, connaît depuis plusieurs semaines des difficultés liées à l’écoulement de la production et aux conditions d’achat.

    Face aux producteurs réunis, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Il a réaffirmé la volonté de l’État d’accompagner les agriculteurs afin de garantir l’écoulement de leurs récoltes dans des conditions jugées acceptables. Selon ses explications, un budget initial de 106 milliards de francs CFA avait été prévu pour permettre à la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) d’acheter 250 000 tonnes d’arachides.

    Toutefois, Ousmane Sonko a annoncé une décision majeure attendue par les acteurs de la filière. « J’ai instruit la Sonacos d’acheter 450 000 tonnes au lieu de 250 000 », a-t-il déclaré, sous les applaudissements des producteurs. Une mesure qui vise à absorber une plus grande partie de la production nationale et à réduire les difficultés d’écoulement rencontrées par les paysans.

    Malgré les contraintes budgétaires, le Premier ministre a assuré que l’État fera l’effort nécessaire. « Malgré la situation difficile que nous avons trouvée à notre arrivée à la tête du pays, nous allons dégager entre 50 et 75 milliards de francs CFA supplémentaires pour la Sonacos », a-t-il précisé, confirmant ainsi l’engagement financier du gouvernement dans cette campagne.

    Des dysfonctionnements admis par le gouvernement

    Dans un discours marqué par un souci de transparence, Ousmane Sonko a reconnu l’existence de dysfonctionnements dans la gestion de la campagne arachidière. « Il y a des défaillances dans nos services », a-t-il admis, expliquant que cette visite à Kaolack avait pour objectif de dialoguer directement avec les producteurs et de prendre des décisions concertées.

    Le Premier ministre a annoncé l’élaboration de nouveaux programmes en collaboration avec les acteurs de la filière afin d’améliorer durablement l’organisation de la commercialisation. Il a insisté sur la nécessité de mieux encadrer les circuits d’achat et de transport, afin d’éviter les blocages observés ces dernières semaines.

    Par ailleurs, Ousmane Sonko a fermement dénoncé certaines pratiques jugées préjudiciables aux producteurs. Il a notamment pointé du doigt le rôle de certains intermédiaires. « Nous ne pouvons pas accepter que des personnes achètent ici à Kaolack le kilo d’arachide à 250 francs CFA pour le revendre à la Sonacos à 305 francs CFA », a-t-il déclaré. Selon lui, ces pratiques pénalisent directement les paysans et détournent l’esprit des efforts consentis par l’État.

    Le chef du gouvernement a promis des mesures fermes dans les prochains jours pour lutter contre ces comportements et assainir la filière. L’objectif, a-t-il souligné, est de garantir que les producteurs bénéficient pleinement du prix officiel fixé par les autorités.

    Une filière clé pour l’économie nationale

    La filière arachidière demeure un pilier de l’économie agricole sénégalaise, même si son poids a diminué par rapport aux années 1960, où elle représentait près de 60 % du PIB agricole. Aujourd’hui encore, l’arachide reste une culture de rente majeure, mobilisant une grande partie des producteurs du bassin arachidier.

    Avec une production estimée à plus de 1,6 million de tonnes lors de la campagne 2023-2024, la filière fait vivre plus de 4 millions de personnes à travers le pays. Elle génère également des recettes importantes en devises, notamment grâce aux exportations de graines, d’huile et de tourteaux, en particulier vers le marché asiatique.

    Conscient de cet enjeu, le gouvernement affiche des ambitions à moyen terme. Ousmane Sonko a ainsi évoqué la volonté de porter progressivement le prix du kilogramme d’arachide à 500 francs CFA dans les prochaines années. Une perspective destinée à améliorer durablement les revenus des producteurs et à encourager les investissements dans la filière.

    Abordant la question de la transformation et de l’exportation de l’arachide, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en évidence la vétusté des installations industrielles de la SONACOS. Après avoir visité l’usine, il n’a pas mâché ses mots : « Cette usine est dépassée. Le monde a évolué et nous ne pouvons plus rester à ce stade ». Selon lui, l’ambition de l’État est de permettre à la SONACOS d’absorber l’ensemble de la production nationale, d’en assurer la transformation locale et d’orienter une partie vers l’exportation. Un objectif qui, a-t-il souligné, passe nécessairement par une modernisation en profondeur des infrastructures industrielles.

    Évoquant ensuite la question stratégique du phosphate, le chef du gouvernement a plaidé pour une reprise en main nationale de la filière. Il a illustré son propos par la situation des Industries chimiques du Sénégal (ICS), relevant le paradoxe d’un pays producteur d’acide phosphorique qui continue pourtant d’importer des engrais. Ousmane Sonko a ainsi annoncé que son gouvernement travaille activement à remettre l’ensemble de la chaîne du phosphate sous contrôle de l’État. Pour rappel, l’État du Sénégal a signé avec les ICS un contrat de concession courant jusqu’en 2033, dans lequel il ne détient actuellement que 15 % des parts, une situation que les autorités entendent réexaminer dans le cadre de leur politique de souveraineté économique.

    La visite du Premier ministre à Kaolack a été perçue par de nombreux paysans comme un signal fort. Au-delà des annonces financières, sa présence sur le terrain traduit, selon eux, une volonté de renouer le dialogue entre l’État et le monde rural, dans un secteur longtemps confronté à des difficultés structurelles.

    El Hadji Ibrahima FAYE