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  • Supporters sénégalais condamnés à Rabat : des peines fermes après la finale de la CAN 2025

    Supporters sénégalais condamnés à Rabat : des peines fermes après la finale de la CAN 2025

    Le verdict est tombé dans l’affaire des 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Le Tribunal de grande instance de Rabat a prononcé, ce jeudi, des peines allant de trois mois à un an de prison ferme, au terme d’une audience sous haute tension.

    Dans un communiqué publié en soirée, la Fédération sénégalaise de football (FSF) indique que le juge a suivi les réquisitions du procureur du Roi, déclarant les prévenus coupables de voies de fait. Les condamnations ont été modulées en fonction du degré d’implication retenu contre chacun des accusés.

    Au cours des débats, la partie civile a insisté sur l’application rigoureuse de la législation marocaine, tandis que la défense a contesté la matérialité des faits, soulevant des arguments de nullité et sollicitant la clémence du tribunal. Après près de trois heures de délibéré, la décision a été rendue dans une atmosphère particulièrement lourde, marquée par une forte émotion dans la salle d’audience.

    Selon la FSF, l’annonce du jugement a provoqué une vive détresse parmi les supporters condamnés. L’un d’eux aurait été victime d’un malaise nécessitant une prise en charge médicale, a indiqué Bakary Cissé, président de la commission Communication de l’instance fédérale, présent au procès.

    Cette décision judiciaire met un terme à près d’un mois de détention pour les supporters sénégalais, dont la situation était suivie de près par l’opinion publique nationale et les autorités sportives. Elle pourrait désormais ouvrir la voie à des démarches diplomatiques ou à l’introduction de recours judiciaires, alors que les familles des condamnés dénoncent des peines jugées particulièrement sévères au regard des circonstances.

  • Modernisation de l’État territorial : le Président Bassirou Diomaye Faye impose une nouvelle doctrine de gouvernance régionale

    Modernisation de l’État territorial : le Président Bassirou Diomaye Faye impose une nouvelle doctrine de gouvernance régionale

    Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé le 12 février 2026 un séminaire stratégique d’évaluation réunissant les gouverneurs de région, en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du Gouvernement. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de refondation de l’action territoriale de l’État et marque une étape décisive dans la redéfinition des rapports entre le pouvoir central et les entités locales.

    À l’issue des travaux, le Chef de l’État a salué la qualité des contributions produites par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que par les autorités administratives territoriales. Rapports d’exécution, recommandations stratégiques et projets structurants ont été présentés, traduisant, selon lui, une volonté affirmée de renforcer l’efficacité de l’action publique à l’échelle locale.

    Plaçant le principe de subsidiarité au cœur de sa vision, le Président a insisté sur la nécessité d’une implication réelle et continue des autorités administratives, des services déconcentrés et des collectivités territoriales dans l’ensemble du cycle des politiques publiques : conception, mise en œuvre et évaluation. L’objectif affiché est clair : rapprocher l’État des citoyens et adapter les décisions aux réalités spécifiques des territoires.

    Dans cette perspective, il a instruit le Premier ministre d’assurer une prise en charge effective des priorités régionales, en cohérence avec l’Agenda national de Transformation. Cette orientation suppose un meilleur arrimage des plans locaux aux grandes ambitions nationales, mais également une modernisation profonde de l’appareil administratif territorial. À cet effet, le Chef de l’État a appelé à l’élaboration d’une nouvelle doctrine de déconcentration destinée à clarifier les compétences, fluidifier la coordination institutionnelle et améliorer la performance des services publics.

    Plusieurs secteurs jugés stratégiques ont été identifiés comme prioritaires. Il s’agit notamment de la gestion foncière et du développement urbain, de l’accès universel à l’eau potable et de la gouvernance de l’hydraulique rurale, de l’électrification des zones reculées et du désenclavement routier et numérique. Le Président a également mis l’accent sur la sécurisation et le renforcement des infrastructures sociales de base dans les zones frontalières, ainsi que sur le développement intégré de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et la maîtrise de l’exploitation forestière.

    Dans le cadre plus large de la refondation de la présence territoriale de l’État, le Chef de l’État a demandé au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur de veiller à l’exécution rigoureuse du Plan de modernisation de l’Administration territoriale. Cette réforme structurelle vise à doter les services déconcentrés de moyens humains, techniques et logistiques adaptés aux exigences contemporaines de gouvernance.

    Autre annonce majeure : le lancement, dès 2026, d’un programme spécial de construction de bâtiments administratifs à l’intérieur du pays. Ce chantier ambitionne de renforcer la proximité des services publics, d’améliorer les conditions de travail des agents et d’accroître l’efficacité opérationnelle de l’administration territoriale.

    Enfin, pour garantir un suivi permanent et mesurable de l’action publique, le Président a exigé la tenue régulière de conférences régionales d’évaluation. Une réunion interministérielle consacrée au suivi de l’action de l’État dans les régions devra également se tenir chaque semestre, instaurant ainsi une culture de redevabilité et d’évaluation continue.

    À travers ces orientations, le Président Bassirou Diomaye Faye pose les jalons d’une gouvernance territoriale rénovée, fondée sur la responsabilisation des acteurs locaux, la cohérence stratégique et la recherche d’impact concret au bénéfice des populations.

  • ACTES CONTRE NATURE : L’ÉTAT LANCE UNE RÉFORME DE L’ARTICLE 319

    ACTES CONTRE NATURE : L’ÉTAT LANCE UNE RÉFORME DE L’ARTICLE 319

    Dans un contexte de forte tension sociale marqué par l’arrestation récente d’un réseau de personnes accusées d’« actes contre nature » et de transmission volontaire du VIH, le gouvernement sénégalais a franchi une nouvelle étape. Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a examiné et adopté un projet de loi modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal, avec un focus particulier sur l’article 319.

    Selon les informations issues du Conseil, la réforme vise une révision en profondeur de cette disposition emblématique, qui incrimine les actes qualifiés d’« impudiques ou contre nature ». Le texte prévoit notamment une définition plus précise des faits visés, afin de lever les zones d’interprétation qui entourent depuis longtemps cet article controversé.

    Vers un durcissement des sanctions

    Le projet de loi introduit également un durcissement des peines applicables. Si les détails du nouveau barème n’ont pas encore été rendus publics, l’objectif affiché par les autorités est de renforcer l’arsenal répressif face à ce qu’elles qualifient de « dérives graves portant atteinte aux valeurs sociales et sanitaires ».

    La réforme entend élargir le champ des poursuites. Le texte prévoit désormais d’intégrer dans le dispositif pénal : l’apologie des actes visés, leur financement et potentiellement toute forme de soutien ou d’organisation structurée.

    Une orientation qui marque un tournant, en faisant passer l’article 319 d’un outil répressif centré sur les actes eux-mêmes à un cadre plus large incluant les réseaux et soutiens présumés.

    Un projet de loi dans un climat sous tension

    Cette initiative intervient dans un climat particulièrement sensible. Ces derniers jours, plusieurs interpellations ont été opérées dans différentes localités du pays, à la suite d’une enquête portant sur un réseau soupçonné d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH. Une affaire qui a suscité une forte réaction dans l’opinion publique et relancé les débats sur la législation en vigueur.

    Le gouvernement semble ainsi vouloir répondre à une demande de fermeté de la société, tout en affichant une volonté de clarification juridique.

    Débats en perspective au Parlement

    Le projet de loi doit désormais être transmis à l’Assemblée nationale. Son examen s’annonce déjà sensible, tant l’article 319 cristallise depuis des années des positions tranchées, entre défense des valeurs sociétales et impératifs de santé publique.

  • Starlink au Sénégal: Opportunité numérique et défi de souveraineté

    Starlink au Sénégal: Opportunité numérique et défi de souveraineté

    Selon Ibrahima DABO, docteur en Sciences politiques et spécialiste des stratégies d’influence, l’arrivée de Starlink au Sénégal ouvre une nouvelle ère pour la connectivité nationale. Si cette technologie développée par SpaceX, dirigée par Elon Musk, peut réduire la fracture numérique et accélérer la transformation digitale voulue par le président Bassirou Diomaye Faye, elle pose aussi des questions cruciales de souveraineté, de dépendance technologique et de sécurité nationale.. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la connectivité universelle est devenue une priorité politique. L’ambition affichée est de faire du Sénégal un hub numérique régional et de réduire les inégalités d’accès à Internet. L’annonce de Elon Musk concernant la disponibilité de Starlink, développé par SpaceX, s’inscrit pleinement dans cette dynamique, explique Ibrahima DABO Une opportunité pour accélérer l’inclusion numérique Selon l’auteur, l’arrivée de Starlink représente une réponse concrète au problème persistant de la fracture numérique, notamment dans les zones rurales. Grâce à sa constellation de satellites en orbite terrestre basse, le système offre une meilleure latence et des débits plus performants que les technologies satellitaires classiques. Le rapport 2024 de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) montre que le marché sénégalais est dominé par Orange, suivi de Free et d’Expresso. Malgré cette présence d’opérateurs structurés, les disparités territoriales demeurent importantes. Selon Ibrahima Dabo, Starlink pourrait stimuler la concurrence, améliorer la qualité des services et favoriser l’accès aux ressources numériques dans l’éducation, le commerce et l’entrepreneuriat. Une connectivité plus large renforcerait également l’attractivité économique du pays. Une dépendance technologique à encadrer Cependant, selon lui, la question centrale reste celle de la souveraineté numérique. Starlink repose sur une infrastructure contrôlée par une entreprise privée étrangère. Cette réalité soulève des interrogations sur la capacité de l’État à réguler pleinement le service ou à intervenir en cas de crise. Selon Ibrahima Dabo, la connectivité sans souveraineté peut devenir une faille stratégique. L’Internet est aujourd’hui un instrument d’influence et de puissance. Une dépendance excessive à une technologie extérieure pourrait limiter la marge de manœuvre des autorités et affaiblir le contrôle national sur les flux numériques. L’enjeu n’est pas de bloquer l’innovation, précise-t-il, mais d’encadrer son déploiement par des mécanismes juridiques solides, des exigences de transparence sur la gestion des données et un renforcement des capacités nationales en matière de régulation. Des risques géopolitiques à anticiper A ses yeux, le déploiement de Starlink s’inscrit dans un contexte international marqué par la compétition stratégique dans l’espace et dans le cyberespace. Les infrastructures satellitaires sont devenues des instruments majeurs d’influence géopolitique. Une dépendance prolongée pourrait, selon lui, exposer le Sénégal à des pressions indirectes ou à des vulnérabilités informationnelles. La question de la protection des données et du contrôle des flux d’information doit donc être au cœur de la réflexion. Ibrahima Dabo souligne que la sécurité nationale ne se limite plus au domaine militaire. Elle inclut désormais les dimensions numériques et informationnelles. Il plaide pour une plus grande implication des universitaires et des experts dans l’analyse des menaces hybrides et dans l’élaboration des politiques publiques. Enfin, selon l’auteur, Starlink constitue une opportunité importante pour accélérer la transformation numérique du Sénégal. Mais cette avancée doit être accompagnée de garde-fous clairs afin de préserver la souveraineté et la sécurité nationale. L’équilibre entre ouverture technologique et autonomie stratégique sera déterminant pour l’avenir numérique du pays. El FAYE 
  • À l’Assemblée nationale, le député Matar Sylla plaide pour un observatoire crédible et respectueux des droits

    À l’Assemblée nationale, le député Matar Sylla plaide pour un observatoire crédible et respectueux des droits

    Lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL), l’honorable député Matar Sylla a pris la parole pour une intervention marquée par la gravité du contexte et l’exigence de rigueur institutionnelle.

    Dès l’entame de son propos, le parlementaire a tenu à rendre un hommage appuyé à l’étudiant récemment décédé à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il a exprimé sa compassion et sa solidarité à l’endroit de la famille du défunt ainsi qu’à toute la communauté universitaire, encore sous le choc après ce drame.

    Des questions sur la transparence et l’efficacité de l’ONLPL

    Abordant ensuite le cœur du projet de loi, le député a interpellé la ministre de la Justice sur plusieurs points qu’il juge essentiels pour garantir la crédibilité et l’efficacité du futur observatoire.

    Il a notamment soulevé des interrogations sur les mécanismes de transparence, les garanties de protection des droits fondamentaux des personnes privées de liberté et les moyens concrets qui seront alloués à cette nouvelle structure pour assurer son fonctionnement.

    Pour Matar Sylla, la création d’un tel organe ne doit pas se limiter à un dispositif de façade. Il a insisté sur la nécessité de doter l’ONLPL d’une réelle autonomie, de ressources suffisantes et de prérogatives claires, afin qu’il puisse exercer un contrôle effectif sur les lieux de détention et contribuer à l’amélioration des conditions de privation de liberté.

    Un rappel à la responsabilité des députés

    En conclusion de son intervention, le député a tenu à adresser un message plus politique, appelant à un sursaut de responsabilité au sein de l’hémicycle.

    Avec fermeté, il a rappelé que les députés sont élus pour servir la nation, défendre les intérêts du peuple et élever le niveau du débat public. Il a ainsi exhorté ses collègues à éviter les invectives et les querelles stériles, qui, selon lui, détournent l’Assemblée nationale de sa mission première.

    Son intervention, mêlant hommage, interpellation et appel à la responsabilité, s’inscrit dans un contexte parlementaire marqué par des débats sensibles autour des questions de justice, de droits humains et de gouvernance institutionnelle.

    EL FAYE 

  • Violences à l’UCAD : le parquet ouvre une double enquête après la mort d’Abdoulaye Ba

    Violences à l’UCAD : le parquet ouvre une double enquête après la mort d’Abdoulaye Ba

    L’émotion reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, quelques jours après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba dans un contexte de violents affrontements sur le campus. Face à la gravité des faits et à la tension persistante au sein de la communauté universitaire, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a tenu un point de presse pour faire le point sur l’évolution des enquêtes judiciaires en cours. Dans une déclaration mesurée mais ferme, le magistrat a annoncé l’ouverture de procédures visant à la fois des étudiants soupçonnés d’actes de violence et des éléments des forces de l’ordre dont le comportement fait l’objet d’examens.

    Des étudiants arrêtés et déférés au parquet

    Selon le procureur, plusieurs étudiants identifiés comme ayant « conceptualisé, planifié, organisé et saccagé » des biens publics et privés ont été interpellés dans le cadre des investigations. Placés en garde à vue, ils ont ensuite été conduits au parquet de Dakar. Ces derniers devraient être présentés à un juge d’instruction, conformément aux mécanismes prévus par le Code de procédure pénale. « Leur présentation interviendra suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine des autorités d’instruction », a précisé Ibrahima Ndoye, soulignant le respect scrupuleux des règles judiciaires. L’ouverture d’une information judiciaire permettra au magistrat instructeur d’approfondir les investigations, d’entendre les différentes parties et de déterminer les responsabilités individuelles. À ce stade, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence. Les faits reprochés portent notamment sur des actes de dégradation de biens et de troubles à l’ordre public dans un contexte de tensions exacerbées sur le campus universitaire.

    Des policiers également visés par une enquête

    Au-delà des étudiants, le procureur a révélé qu’une enquête distincte vise certains éléments de la Police nationale. Ces agents sont accusés d’avoir, lors des opérations de maintien de l’ordre, franchi « les limites tolérables » de leur mission. Selon les éléments évoqués, des comportements inappropriés auraient été observés, notamment à l’encontre de personnes déjà interpellées ou neutralisées. Des atteintes à des biens matériels seraient également concernées. « L’enquête ouverte depuis l’éclatement des échauffourées devra permettre d’identifier les agents concernés afin, le cas échéant, d’engager des poursuites à leur encontre », a indiqué le procureur. Cette démarche traduit la volonté affichée du parquet de ne pas limiter les investigations à un seul camp, mais d’examiner l’ensemble des faits survenus dans le cadre des violences.

    Faire toute la lumière sur les circonstances du drame

    La mort d’Abdoulaye Ba a profondément choqué la communauté universitaire et au-delà. Dans ce contexte, la communication du parquet vise à rassurer sur l’impartialité et la rigueur de la procédure judiciaire. En optant pour une double enquête — l’une visant des étudiants soupçonnés d’avoir organisé ou participé aux saccages, l’autre portant sur d’éventuels abus commis par des forces de l’ordre — le ministère public affirme sa volonté de faire toute la lumière sur les circonstances ayant entouré les événements. Le dossier s’annonce complexe. Il s’agira notamment de reconstituer le déroulement précis des affrontements, d’analyser les images disponibles, d’exploiter les témoignages et de déterminer les éventuelles responsabilités pénales. Dans un climat encore marqué par la douleur et la tension, le parquet de Dakar tente ainsi de poser les jalons d’un traitement judiciaire équilibré. Reste désormais à l’instruction de démêler les responsabilités et d’établir les faits, dans le respect des droits de toutes les parties.
  • Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade prend le commandement des Armées sénégalaises

    Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade prend le commandement des Armées sénégalaises

    Le camp Dial Diop a servi, ce mardi matin, de cadre à une cérémonie d’une portée symbolique majeure pour les Forces armées sénégalaises. Le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade y a été officiellement installé dans ses fonctions de Chef d’État-Major Général des Armées (Cemga), en présence de nombreuses autorités militaires et civiles.

    La manifestation était présidée par le ministre des Forces armées, le Général Birame Diop, qui a procédé à la remise du fanion de commandement. Un geste solennel, hautement symbolique, marquant la transmission de l’autorité suprême opérationnelle des Armées.

    Une première historique pour la Marine

    La nomination d’Oumar Wade constitue une étape significative dans l’histoire militaire du Sénégal. Pour la première fois, un officier issu de la Marine accède à la tête de l’état-major général des Armées. Cette désignation vient consacrer le rôle stratégique croissant de la composante navale dans le dispositif global de défense et de sécurité.

    Dans un contexte marqué par les enjeux liés à la sécurité maritime, à la protection des ressources halieutiques, à la surveillance des zones économiques exclusives et aux menaces transnationales, la montée en puissance de la Marine apparaît comme un axe central de la doctrine de défense. L’accession d’un amiral à la tête des Armées traduit ainsi une évolution institutionnelle et opérationnelle.

    Au-delà de la symbolique, cette nomination reflète également une reconnaissance du professionnalisme et du parcours de l’officier général, dont la carrière s’est construite au fil de responsabilités stratégiques et opérationnelles.

    Une feuille de route axée sur la professionnalisation

    Dans son allocution, le nouveau Cemga a décliné les grandes lignes de son action. Selon la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (Dirpa), il s’est engagé à « poursuivre inlassablement l’édification d’une armée professionnelle ancrée dans son cœur de métier, prête à l’emploi par son organisation, républicaine et soucieuse du développement socio-économique de la nation, tout en contribuant significativement à la sécurité collective sous-régionale ».

    Cette déclaration fixe un cap clair : consolider les capacités opérationnelles tout en renforçant l’ancrage républicain des Forces armées. Le nouveau chef d’état-major général insiste sur la nécessité d’une armée « prête à l’emploi », c’est-à-dire structurée, formée et équipée pour faire face aux défis contemporains.

    La professionnalisation demeure ainsi au cœur des priorités. Elle suppose un investissement continu dans la formation, la modernisation des équipements, l’amélioration des conditions de travail des militaires et l’adaptation des doctrines d’emploi aux menaces émergentes.

    Entre défense nationale et sécurité collective

    Le discours du Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade met également en lumière la dimension sous-régionale de la mission des Armées sénégalaises. Dans un environnement sécuritaire marqué par l’instabilité dans certaines zones du Sahel et la montée de menaces asymétriques, la coopération militaire apparaît plus que jamais indispensable.

    La contribution à la sécurité collective sous-régionale s’inscrit dans la continuité de l’engagement du Sénégal au sein des mécanismes de coopération et des missions de maintien de la paix. Elle renforce la position du pays comme acteur crédible et stable dans l’architecture sécuritaire ouest-africaine.

    Cette orientation stratégique s’articule avec la volonté de maintenir une armée républicaine, attachée aux principes de neutralité politique et de loyauté aux institutions. Dans un contexte régional parfois fragilisé par des ruptures institutionnelles, la stabilité des Forces armées sénégalaises demeure un facteur clé de résilience nationale.

    Une transition sous le sceau de la continuité

    La cérémonie d’installation, empreinte de solennité, a réuni de hauts responsables militaires et civils, soulignant l’importance stratégique de cette transition à la tête des Armées. Au-delà du protocole, l’événement symbolise la continuité de l’institution militaire, fondée sur la discipline, la hiérarchie et le respect des traditions.

    Le passage de témoin entre chefs militaires n’est jamais anodin. Il engage la crédibilité opérationnelle, la cohésion interne et la vision stratégique de l’institution. En recevant le fanion de commandement, le nouveau Cemga endosse la responsabilité de conduire l’ensemble des composantes — Terre, Air et Mer — dans un esprit d’unité et de complémentarité.

    Un signal fort pour l’avenir

    La désignation d’un officier de Marine à la tête des Armées envoie également un signal fort quant à l’évolution des priorités stratégiques du pays. L’extension des enjeux maritimes, qu’il s’agisse de la protection des ressources naturelles, des routes commerciales ou des infrastructures énergétiques offshore, impose une approche intégrée de la défense.

    En plaçant un amiral à la tête de l’état-major général, les autorités traduisent une volonté d’adaptation aux nouvelles réalités géostratégiques. Cette décision pourrait également renforcer la dynamique de modernisation des moyens navals et l’interopérabilité entre les différentes forces.

    Pour le Vice-Amiral d’Escadre Oumar Wade, le défi est désormais de conjuguer ambition stratégique et gestion quotidienne d’une institution appelée à demeurer performante, disciplinée et exemplaire.

    À l’issue de la cérémonie, le message central était clair : les Forces armées sénégalaises poursuivent leur marche dans la stabilité et la continuité, sous une nouvelle impulsion. Entre tradition et adaptation, elles entendent consolider leur rôle de pilier de la souveraineté nationale et d’acteur engagé dans la sécurité collective régionale.

  • Mort d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : l’Assemblée nationale exige la vérité sur un drame aux zones d’ombre

    Mort d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : l’Assemblée nationale exige la vérité sur un drame aux zones d’ombre

    La disparition tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue lundi dans l’enceinte de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) lors de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, continue de provoquer une vive émotion nationale. L’onde de choc a gagné l’Assemblée nationale, où majorité et opposition ont, d’une même voix, réclamé une enquête rapide, rigoureuse et transparente.

    Les débats se tenaient dans le cadre de l’examen du projet de loi portant création de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL), mais l’actualité a rapidement pris le dessus. Plusieurs députés, parmi lesquels Ayib Daffé, Me Abdoulaye Tall, Thierno Alassane Sall, Abdou Mbow et Guy Marius Sagna, ont interpellé la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, sur les circonstances du drame et la nécessité de situer les responsabilités.

    Au nom du groupe parlementaire PASTEF/Les Patriotes, Ayib Daffé a rappelé que des enquêtes ont été ouvertes et a insisté sur leur aboutissement rapide. « Nous espérons qu’elles permettront de déterminer clairement les circonstances de ce drame et d’identifier les responsabilités », a-t-il déclaré, traduisant une attente largement partagée au sein de l’hémicycle.

    Mais les interrogations persistent. Des éléments d’autopsie relayés par certains médias évoquent des violences subies par l’étudiant en deuxième année de médecine lors des affrontements. Une version que le parquet nuance. Dans un communiqué publié samedi, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a affirmé qu’« à ce stade, les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ».

    Entre informations contradictoires, pression de l’opinion et tension persistante sur le campus, l’affaire Abdoulaye Ba dépasse désormais le seul cadre universitaire. Elle constitue un test pour l’institution judiciaire, appelée à établir les faits avec impartialité dans un contexte politiquement et socialement sensible.

    Au-delà des clivages partisans, les députés ont affiché une position commune : faire toute la lumière sur cette mort tragique et restaurer la confiance, alors que le climat demeure électrique au sein de la communauté universitaire.

  • Levée de l’immunité de Farba Ngom : l’Assemblée nationale ouvre la voie aux poursuites judiciaires

    Levée de l’immunité de Farba Ngom : l’Assemblée nationale ouvre la voie aux poursuites judiciaires

    L’Assemblée nationale a acté, ce lundi, la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom, à l’issue d’un vote sans équivoque : 108 voix pour, 21 contre et aucune abstention sur 129 votants. Cette décision, lourde de conséquences, s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte après la découverte de téléphones portables et de clés USB dans sa cellule du Pavillon spécial de la Maison d’arrêt.

    Présente à l’hémicycle, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a exposé les conclusions d’une enquête qu’elle a qualifiée d’« objective et nécessaire ». Les objets interdits ont été découverts lors d’une fouille inopinée menée dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025. Selon la Garde des Sceaux, le député aurait reconnu, au cours de son audition, avoir introduit un téléphone dissimulé dans un pot de lait. Un second appareil lui aurait été remis par un agent pénitentiaire, ce qui laisse supposer une possible complicité interne.

    L’exploitation du matériel saisi – deux téléphones et cinq clés USB – aurait mis au jour des transactions financières et immobilières, des documents couverts par le secret de l’instruction ainsi que des contenus vidéo jugés contraires aux bonnes mœurs. À partir de ces éléments, plusieurs infractions sont envisagées : introduction d’objets prohibés, corruption, violation du secret de l’instruction et diffusion d’images impudiques.

    La ministre a rappelé que l’article 61 de la Constitution impose l’autorisation préalable de l’Assemblée nationale pour toute poursuite contre un député, sauf en cas de flagrant délit. La levée de l’immunité vise ainsi à permettre au procureur de la République de Dakar de poursuivre les investigations.

    Devant ses collègues, Farba Ngom a rejeté en bloc les accusations. Coran à la main, le député-maire des Agnam a dénoncé une procédure qu’il estime irrégulière et des charges qu’il qualifie d’« infondées », notamment celles évoquant un détournement présumé de 125 milliards de francs CFA. Il affirme n’avoir jamais détourné de fonds publics et conteste les conditions de sa détention.

    Avant la plénière, la Commission ad hoc de l’Assemblée nationale avait déjà recommandé la levée de l’immunité. Le vote intervenu ce lundi confirme cette position et ouvre une nouvelle phase judiciaire dans une affaire aux implications potentiellement sensibles, susceptible d’éclairer d’éventuelles défaillances au sein de l’administration pénitentiaire.

  • Transmission volontaire du VIH : quatre suspects interpellés à Keur Massar

    Transmission volontaire du VIH : quatre suspects interpellés à Keur Massar

    La Brigade de recherches de Keur Massar a procédé, le samedi 14 février 2026, à l’extraction d’un détenu de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, dans le cadre d’instructions judiciaires visant à approfondir une enquête le concernant. L’opération s’inscrit dans une procédure plus large portant sur des faits présumés de transmission volontaire du VIH, ainsi que d’autres infractions connexes. Selon les éléments communiqués par les enquêteurs, les investigations ont permis de réunir des indices considérés comme probants, établissant l’implication du mis en cause dans les faits qui lui sont reprochés. Entendu par les gendarmes, l’intéressé a reconnu avoir entretenu, depuis 2021, des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Une réquisition adressée au médecin-chef du Centre de santé de Keur Massar a, par ailleurs, confirmé sa séropositivité. Cette confirmation médicale constitue, selon les sources sécuritaires, un élément central dans le dossier judiciaire en cours.

    Trois autres interpellations dans la foulée

    Dans la continuité de l’enquête, les gendarmes ont procédé à l’interpellation de trois autres individus. Ils sont poursuivis notamment pour association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH/Sida, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux et complicité d’offre ou de cession de drogue. Selon les premières auditions, les personnes concernées ont déclaré être porteuses du VIH. Elles auraient également reconnu avoir eu des rapports sexuels non protégés avec plusieurs partenaires, selon les éléments recueillis par les enquêteurs. Les services de la gendarmerie indiquent que les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles autres personnes impliquées et de déterminer l’ampleur réelle des faits.

    Une enquête encore en cours

    À ce stade de la procédure, les autorités judiciaires n’ont pas communiqué de bilan définitif ni précisé le nombre potentiel de victimes. Les enquêteurs privilégient la discrétion, dans un dossier jugé sensible, tant sur le plan sanitaire que judiciaire. Cette affaire intervient dans un contexte où la question de la santé publique et de la prévention du VIH reste un enjeu majeur. Les autorités appellent régulièrement à la responsabilité individuelle, au dépistage volontaire et à l’usage systématique des moyens de protection afin de limiter la propagation du virus. Les suites judiciaires dépendront des résultats complets de l’enquête et des décisions du parquet compétent. En attendant, les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités et mesurer l’étendue de ce dossier.