Catégorie : Grande Une

  • Sangomar : entre prouesse industrielle et équation budgétaire nationale

    Sangomar : entre prouesse industrielle et équation budgétaire nationale

    Le champ offshore Sangomar a franchi un cap décisif en 2025. Dans son rapport annuel publié le 24 février 2026, l’opérateur australien Woodside Energy met en avant une performance qu’il qualifie d’« exceptionnelle », marquée par une production maintenue proche de la capacité nominale de 100 000 barils par jour durant la majeure partie de l’année. Une cadence qui consolide l’entrée du Sénégal dans le club restreint des pays producteurs de pétrole, mais qui relance en parallèle le débat sur la part réelle des bénéfices captée par l’État.

    Une année pleine sous le signe de la performance

    Détenant 82 % des parts du projet, Woodside revendique une fiabilité opérationnelle de 98,7 %, un standard présenté comme « de classe mondiale ». Pour sa première année complète d’exploitation, Sangomar aurait généré 1,9 milliard de dollars de revenus d’exploitation et 1,702 milliard de dollars d’Ebitda pour la seule part de la compagnie australienne.

    Depuis le démarrage de la production en juin 2024, le champ aurait déjà contribué à hauteur de 2,6 milliards de dollars d’Ebitda dans les comptes du groupe. Ces résultats ont largement soutenu la performance globale de Woodside en 2025, lui permettant d’atteindre un niveau de production record à l’échelle internationale, malgré un contexte de repli des prix sur les marchés pétroliers.

    Sur le plan sécuritaire, l’entreprise met également en avant un bilan sans incident majeur, affirmant n’avoir enregistré aucune blessure au cours des 18 premiers mois d’activité sur le site.

    Productivité accrue et argument environnemental

    Au-delà des volumes extraits, Woodside insiste sur les gains d’efficacité réalisés. Le groupe affirme avoir réduit de 15 % ses émissions directes de gaz à effet de serre (Scopes 1 et 2) par rapport à 2024, malgré une hausse globale de sa production d’hydrocarbures. Cette baisse serait attribuable à l’optimisation des installations et au recours à des crédits carbone.

    Dans cette dynamique, l’opérateur ambitionne de maintenir un plateau de production prolongé à Sangomar, tout en poursuivant une politique de maîtrise des coûts. À l’échelle du groupe, ceux-ci auraient diminué de 4 % en 2025, traduisant une stratégie centrée sur la rentabilité et la discipline financière.

    Des chiffres qui interrogent à Dakar

    Si les indicateurs industriels sont au vert, l’équation budgétaire sénégalaise apparaît plus nuancée. Aucune communication détaillée n’a été faite sur la part exacte revenant à l’État ou à Petrosen, alimentant les interrogations sur la transparence des flux financiers et l’architecture contractuelle du projet.

    Devant les députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé des réserves sur l’impact immédiat du pétrole dans les finances publiques. Pour 2026, les recettes attendues de l’exploitation pétrolière sont estimées à 76 milliards de FCFA sur un budget global d’environ 6 000 milliards. Une progression est annoncée pour 2027, avec des prévisions autour de 128,6 milliards de FCFA.

    Des montants jugés modestes par une partie de l’opinion, au regard des performances financières affichées par l’opérateur. Cette asymétrie apparente ravive les débats sur la redistribution de la rente pétrolière, la fiscalité extractive et la gouvernance des ressources naturelles.

    Une phase 2 en perspective

    Dans le même temps, Woodside étudie les contours d’une seconde phase de développement. L’objectif serait de s’appuyer sur le FPSO et les infrastructures sous-marines existantes afin d’optimiser les investissements et de prolonger la durée de vie du gisement.

    À mesure que Sangomar s’installe dans sa phase de maturité, le défi pour le Sénégal ne réside plus seulement dans la réussite technique de l’exploitation, mais dans la transformation de cette performance industrielle en levier tangible de développement économique et social. L’ère pétrolière sénégalaise est lancée ; reste à savoir si elle tiendra ses promesses budgétaires et souveraines.

  • Bakel : Les enseignants réaffirment leur détermination en assemblée générale

    Bakel : Les enseignants réaffirment leur détermination en assemblée générale

    Une assemblée générale départementale du G7 s’est tenue aujourd’hui dans la commune. Cette rencontre a réuni des enseignants des différents établissements venus échanger autour des revendications en cours et de l’avenir de la lutte syndicale.

    Dès l’ouverture, les organisateurs ont rappelé le contexte marqué par des tensions persistantes entre les syndicats d’enseignants et les autorités. Les participants ont d’abord apporté des éclairages sur les principaux points des revendications. Parmi les préoccupations évoquées figurent l’amélioration des conditions de travail, la surimposition des rappels, la situation des décisionnaires et le respect des engagements déjà pris par l’État ainsi que la revalorisation de la fonction enseignante. Le point de friction le plus vif reste la “surimposition” sur les rappels. Excédés, les collègues ont exigé l’arrêt systématique de ces ponctions abusives. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un dialogue sincère et constructif afin de trouver des solutions durables.

    Les échanges ont ensuite porté sur la posture du gouvernement face aux revendications des enseignants. Plusieurs participants ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un manque de réponses concrètes. D’autres ont toutefois appelé à privilégier la concertation et à éviter une escalade des tensions qui pourrait perturber davantage le calendrier scolaire. L’idée d’un cadre de discussion permanent a été avancée pour favoriser un climat apaisé.

    Le débat s’est également orienté vers l’avenir de la lutte syndicale dans le secteur de l’éducation. Les enseignants ont réfléchi aux stratégies à adopter pour défendre leurs droits tout en préservant l’intérêt des élèves. Certains ont plaidé pour le renforcement de l’unité syndicale, estimant qu’une action coordonnée serait plus efficace. Loin de baisser les bras, les enseignants envisagent de nouvelles perspectives. Parmi les pistes évoquées, il y a  l’organisation de journées syndicales dédiées.. Mais au-delà des actions ponctuelles, c’est sur la communication et la sensibilisation que les soldats du savoir souhaitent accentuer leurs efforts

    Au terme des discussions, les participants ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la mobilisation dans un esprit responsable. Ils ont insisté sur la nécessité de rester solidaires et vigilants tout en laissant la porte ouverte au dialogue avec les autorités. Cette assemblée générale a ainsi servi de cadre d’information, d’échanges et de réflexion sur les défis actuels du système éducatif et sur les perspectives de la lutte syndicale dans le département de Bakel.

    EL FAYE 

  • Vie privée et débat sociétal : Ousmane Sonko hausse le ton à l’Assemblée

    Vie privée et débat sociétal : Ousmane Sonko hausse le ton à l’Assemblée

     

    Intervenant lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi de déplacer le centre de gravité du débat vers la protection des citoyens et le respect strict de la vie privée, dans un contexte marqué par une affaire présumée de transmission volontaire du VIH.

    Sans s’adresser frontalement au député Abdou Mbow, auteur de l’interpellation, qu’il a qualifié de « téméraire », le chef du gouvernement a affirmé vouloir parler « aux Sénégalais », au-delà des clivages partisans. Dans la même dynamique, il a annoncé avoir transmis la veille au président de l’Assemblée nationale un projet de loi qu’il dit porter personnellement, précisant en assumer « entièrement » la responsabilité politique.

    Sur la question sensible de la criminalisation de l’homosexualité, Ousmane Sonko a plaidé pour une démarche mesurée. Selon lui, les concertations engagées ont permis d’aboutir à l’idée qu’« on peut faire mieux » qu’une réponse dictée par l’urgence ou l’émotion. Il a, dans la foulée, dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation du débat sur la scène internationale, certains laissant entendre que l’État mènerait une répression systématique, exposant ainsi le pays à des pressions extérieures.

    Mais c’est surtout la divulgation publique du statut sérologique de personnes mises en cause qui a suscité son indignation. « Comment peut-on exposer dans la presse la séropositivité d’autrui ? », a-t-il interrogé, jugeant ces pratiques contraires au droit, à l’éthique et à la dignité humaine. Le Premier ministre a insisté sur les répercussions sociales et familiales de telles révélations, évoquant notamment l’impact sur les proches et les enfants.

    Dans le même registre, il a critiqué Mame Mactar Guèye, visant ceux qui, selon lui, s’érigent en porte-voix exclusifs sur des questions aussi sensibles. Rappelant que la gestion de ces dossiers relève des autorités compétentes, il a indiqué avoir demandé au ministère de l’Intérieur de retirer la sécurité qui aurait été accordée à l’activiste.

    En conclusion, Ousmane Sonko a lancé un appel à la retenue et à la responsabilité collective. Pour le chef du gouvernement, le traitement des affaires touchant à l’intimité des citoyens doit se faire dans le respect scrupuleux des droits fondamentaux, loin des surenchères politiques et des emballements médiatiques.

  • Starlink au Sénégal : l’État encadre l’ouverture du ciel numérique

    Starlink au Sénégal : l’État encadre l’ouverture du ciel numérique

    Interpellé à l’Assemblée nationale lors des Questions d’actualité au Gouvernement, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a défendu l’arrivée de Starlink sur le marché sénégalais, en mettant en avant un cadre réglementaire strict et une stratégie assumée d’inclusion numérique.

    Face aux interrogations des députés sur les conditions d’implantation de l’opérateur satellitaire, le ministre a assuré que son dossier a été instruit « avec la même exigence » que ceux des autres acteurs du secteur. L’entreprise bénéficie d’une licence d’exploitation d’une durée de cinq ans, soumise à un contrôle annuel destiné à évaluer le respect des obligations techniques, financières et contractuelles.

    Au-delà de la dimension réglementaire, l’exécutif voit dans cette ouverture une opportunité stratégique. L’ambition affichée est claire : connecter un million de Sénégalais supplémentaires, en ciblant en priorité les territoires enclavés ou insuffisamment couverts. Devant les parlementaires, Alioune Sall a revendiqué les avancées réalisées en deux ans, affirmant que les bases d’une connectivité « plus universelle, plus accessible et plus inclusive » ont été posées.

    Le diagnostic reste cependant préoccupant. Près de sept millions de citoyens demeurent exclus d’Internet. Plus de 500 localités sont classées en zones blanches, sans aucune couverture réseau, tandis qu’environ 1 000 autres souffrent d’une connexion instable ou de faible qualité. Autant de fragilités structurelles qui freinent l’accès aux services publics numériques, à l’éducation en ligne ou encore à l’économie digitale.

    Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a pour sa part salué l’entrée de Starlink, qu’il considère comme un levier d’accélération des réformes en cours. Il a notamment évoqué le projet de « dossier unique du patient », pierre angulaire de la modernisation du système de santé, dont l’efficacité dépend d’une connectivité fiable sur l’ensemble du territoire.

    Entre impératif de souveraineté numérique et nécessité d’élargir l’accès au réseau, le gouvernement assume une ligne de crête : accueillir de nouveaux opérateurs tout en renforçant l’encadrement et le contrôle public. Pour l’exécutif, l’accès à Internet ne relève plus du confort technologique, mais constitue désormais un vecteur central de transformation économique, sociale et institutionnelle.

  • Questions d’actualité : Sonko face aux députés, le COUD rouvre jeudi et l’État nie toute dette de bourses

    Questions d’actualité : Sonko face aux députés, le COUD rouvre jeudi et l’État nie toute dette de bourses

    Le Premier ministre Ousmane Sonko et plusieurs membres du gouvernement ont répondu, ce mardi, aux interpellations des députés à l’Assemblée nationale du Sénégal, lors d’une séance consacrée aux questions d’actualité.

    Au cœur des échanges : la situation dans les universités publiques. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a annoncé la réouverture du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) à compter de ce jeudi 26 février.

    « Ce jeudi 26 février, le COUD sera ouvert », a déclaré le ministre, précisant que des instructions ont été données pour renforcer la sécurité dans les campus universitaires. Parmi les mesures annoncées figurent l’installation de détecteurs de fumée, de bouches d’incendie et de caméras de surveillance dans les résidences universitaires. Ces dispositions interviennent dans un climat marqué par des inquiétudes récurrentes sur les conditions de vie et la sécurité des étudiants.

    Sur la question sensible des bourses, Daouda Ngom s’est montré catégorique : « L’État ne doit aucune bourse aux étudiants. » Selon lui, les tensions observées ces derniers mois trouvent leur origine dans un « chevauchement d’années académiques dont nous avons hérité ». Ce système, souvent qualifié de « rappels », ne serait « pas conforme à la réglementation », a-t-il affirmé.

    Le ministre a rappelé le principe encadrant l’octroi des allocations : la bourse est exclusivement destinée aux étudiants régulièrement inscrits. « Un étudiant ne perçoit sa bourse que s’il est effectivement inscrit », a-t-il insisté, évoquant une volonté de clarifier les critères d’éligibilité et de mettre fin aux confusions liées aux paiements différés constatés ces dernières années.

    Ces déclarations interviennent dans un contexte où les étudiants réclament davantage de lisibilité sur le calendrier académique et sur les modalités de versement des allocations, alors que la question sociale demeure au centre des préoccupations dans les universités publiques.

  • CRISE UNIVERSITAIRE : LE COLLECTIF DES AMICALES DÉNONCE DES DÉCISIONS UNILATÉRALES

    CRISE UNIVERSITAIRE : LE COLLECTIF DES AMICALES DÉNONCE DES DÉCISIONS UNILATÉRALES

    La rentrée universitaire s’annonce sous haute tension. Dans un climat de défiance grandissant entre les autorités et les organisations estudiantines, le Collectif des Amicales, qui se présente comme l’instance faîtière des étudiants, tire la sonnette d’alarme et hausse le ton contre ce qu’il qualifie de “logique d’imposition” du gouvernement. Dans un communiqué publié hier, le collectif dresse un réquisitoire sévère contre la gestion de la crise. Ses principales griefs : des décisions prises sans consultation des premiers concernés et une réouverture des campus qu’il juge “à géométrie variable”. Les étudiants dénoncent notamment l’exclusion de deux pavillons sociaux, qui laisserait plus de 2 000 camarades sur le carreau. Face à ce qu’ils perçoivent comme un passage en force, les responsables amicaux montent au créneau avec une série de revendications claires. Ils exigent la levée immédiate des suspensions frappant certaines amicales, une décision qu’ils jugent illégale et qu’ils menacent de porter devant la Cour suprême. Ils réclament également la réouverture des assises pour un véritable dialogue sur les réformes, ainsi que la prise en charge de tous les blessés et la réouverture complète des pavillons, au nom de l’équité entre étudiants. Par ailleurs, le collectif assure suivre de près l’évolution des enquêtes sur le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu dans des circonstances encore troubles. Tout en se disant attaché au dialogue, la structure estudiantine appelle ses mandants à la retenue et à la discipline : elle invite les étudiants à attendre ses consignes officielles avant tout retour dans les campus. Le message aux autorités est clair : la main est tendue pour discuter, mais pas question d’accepter “une pensée unique” imposée d’en haut EL FAYE
  • KÉDOUGOU : TROIS SITES D’ORPAILLAGE CLANDESTIN DÉMANTELÉS, UN SUSPECT INTERPELLÉ POUR TRAFIC DE MIGRANTS

    KÉDOUGOU : TROIS SITES D’ORPAILLAGE CLANDESTIN DÉMANTELÉS, UN SUSPECT INTERPELLÉ POUR TRAFIC DE MIGRANTS

    La traque aux chercheurs d’or illégaux et aux trafiquants d’enfants s’intensifie dans la région aurifère. En une seule journée, la gendarmerie a nettoyé trois sites clandestins et mis la main sur un présumé passeur lié à un réseau de traite de mineurs.

    C’est un coup de boutoir porté contre l’économie souterraine de l’or. Samedi, les hommes du GARSI-2, déployés aux avant-postes de Gamba-Gamba et Saeinsoutou, ont littéralement rasé trois camps d’orpailleurs illégaux dans les localités de Bantanko, Bondala et Mouran.

    Le bilan de cette opération coup de poing est lourd pour les contrevenants. Sur les sites, la machine de guerre des gendarmes a saisi un important arsenal logistique : 14 groupes électrogènes, 6 marteaux-piqueurs, 8 motopompes, 5 machines-pompes, 2 panneaux solaires et une pompe à eau. Mais les forces de l’ordre ne se sont pas contentées de confisquer. Dans un objectif de destruction totale des capacités opérationnelles des clandestins, pas moins de 25 “cracheuses” (machines concasseuses), 5 foreuses électriques, 7 motopompes supplémentaires ainsi que des dizaines d’abris de fortune ont été méthodiquement détruits sur place.

    Parallèlement à ce démantèlement, la Section de Recherches de Kédougou a réalisé une avancée significative dans un autre domaine sensible : le trafic d’êtres humains. Un individu a été interpellé et cinq mineurs, au cœur du système, ont été entendus.

    Les premières auditions dessinent les contours d’un trafic bien rodé. Ces enfants, originaires du Burkina Faso, auraient été confiés par leurs propres parents à un réseau. Leur périple les a menés du Burkina au Mali, avant d’être “pris en charge” à la frontière sénégalaise par le suspect, qui devait les acheminer vers les mines clandestines de la région. Leur objectif : travailler comme main-d’œuvre corvéable contre rémunération.

    Face aux enquêteurs, l’homme interpellé a reconnu les faits. L’enquête se poursuit pour tenter de remonter toute la chaîne de responsabilités de ce trafic, qui met en lumière les liens étroits entre orpaillage illégal et exploitation des personnes dans le sud-est du Sénégal.

  • Ligue régionale de Dakar : Moustapha Guèye élu pour piloter la nouvelle ère de la lutte

    Ligue régionale de Dakar : Moustapha Guèye élu pour piloter la nouvelle ère de la lutte

     

    La lutte sénégalaise amorce un tournant décisif dans son organisation. Réunis en assemblée générale ce samedi, les acteurs de la discipline dans la région de Dakar ont élu Moustapha Guèye à la tête de la Ligue régionale de lutte.

    L’ancien pensionnaire de l’écurie Fass s’est nettement imposé lors du scrutin, recueillant 112 voix contre 64 pour son principal challenger, Babacar Diagne, plus connu sous le surnom de Doudou Diagne Diecko, ancien président des amateurs. Ce résultat marque le retour en force d’une figure emblématique de l’arène, désormais investie d’une mission stratégique dans la gouvernance locale de la discipline.

    Cette élection s’inscrit dans une dynamique nationale de restructuration du mouvement de la lutte. Elle intervient après l’installation officielle de la Fédération sénégalaise de lutte (FSL), présidée depuis décembre par Ibrahima Sène, dit « Bira ». La nouvelle instance a pris le relais du Comité national de gestion (CNG), longtemps chargé d’encadrer et d’organiser la pratique de la lutte au Sénégal.

    Dans cette phase de transition, plusieurs régions ont déjà procédé à l’installation de leurs ligues régionales, tandis que d’autres poursuivent leur structuration. L’ambition affichée est claire : bâtir une architecture institutionnelle plus robuste, fondée sur une gouvernance déconcentrée et adaptée aux réalités locales.

    À Dakar, épicentre historique et économique de l’arène sénégalaise, l’arrivée de Moustapha Guèye suscite de fortes attentes. Les acteurs du milieu espèrent des réformes concrètes en matière d’encadrement des lutteurs, de professionnalisation des compétitions et de modernisation des pratiques administratives. Autant de chantiers qui devront accompagner la transition vers la nouvelle ère fédérale et consolider la place de la lutte comme pilier du sport et de la culture nationale.

  • Supporters sénégalais condamnés à Rabat : des peines fermes après la finale de la CAN 2025

    Supporters sénégalais condamnés à Rabat : des peines fermes après la finale de la CAN 2025

    Le verdict est tombé dans l’affaire des 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Le Tribunal de grande instance de Rabat a prononcé, ce jeudi, des peines allant de trois mois à un an de prison ferme, au terme d’une audience sous haute tension.

    Dans un communiqué publié en soirée, la Fédération sénégalaise de football (FSF) indique que le juge a suivi les réquisitions du procureur du Roi, déclarant les prévenus coupables de voies de fait. Les condamnations ont été modulées en fonction du degré d’implication retenu contre chacun des accusés.

    Au cours des débats, la partie civile a insisté sur l’application rigoureuse de la législation marocaine, tandis que la défense a contesté la matérialité des faits, soulevant des arguments de nullité et sollicitant la clémence du tribunal. Après près de trois heures de délibéré, la décision a été rendue dans une atmosphère particulièrement lourde, marquée par une forte émotion dans la salle d’audience.

    Selon la FSF, l’annonce du jugement a provoqué une vive détresse parmi les supporters condamnés. L’un d’eux aurait été victime d’un malaise nécessitant une prise en charge médicale, a indiqué Bakary Cissé, président de la commission Communication de l’instance fédérale, présent au procès.

    Cette décision judiciaire met un terme à près d’un mois de détention pour les supporters sénégalais, dont la situation était suivie de près par l’opinion publique nationale et les autorités sportives. Elle pourrait désormais ouvrir la voie à des démarches diplomatiques ou à l’introduction de recours judiciaires, alors que les familles des condamnés dénoncent des peines jugées particulièrement sévères au regard des circonstances.

  • Modernisation de l’État territorial : le Président Bassirou Diomaye Faye impose une nouvelle doctrine de gouvernance régionale

    Modernisation de l’État territorial : le Président Bassirou Diomaye Faye impose une nouvelle doctrine de gouvernance régionale

    Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé le 12 février 2026 un séminaire stratégique d’évaluation réunissant les gouverneurs de région, en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du Gouvernement. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de refondation de l’action territoriale de l’État et marque une étape décisive dans la redéfinition des rapports entre le pouvoir central et les entités locales.

    À l’issue des travaux, le Chef de l’État a salué la qualité des contributions produites par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que par les autorités administratives territoriales. Rapports d’exécution, recommandations stratégiques et projets structurants ont été présentés, traduisant, selon lui, une volonté affirmée de renforcer l’efficacité de l’action publique à l’échelle locale.

    Plaçant le principe de subsidiarité au cœur de sa vision, le Président a insisté sur la nécessité d’une implication réelle et continue des autorités administratives, des services déconcentrés et des collectivités territoriales dans l’ensemble du cycle des politiques publiques : conception, mise en œuvre et évaluation. L’objectif affiché est clair : rapprocher l’État des citoyens et adapter les décisions aux réalités spécifiques des territoires.

    Dans cette perspective, il a instruit le Premier ministre d’assurer une prise en charge effective des priorités régionales, en cohérence avec l’Agenda national de Transformation. Cette orientation suppose un meilleur arrimage des plans locaux aux grandes ambitions nationales, mais également une modernisation profonde de l’appareil administratif territorial. À cet effet, le Chef de l’État a appelé à l’élaboration d’une nouvelle doctrine de déconcentration destinée à clarifier les compétences, fluidifier la coordination institutionnelle et améliorer la performance des services publics.

    Plusieurs secteurs jugés stratégiques ont été identifiés comme prioritaires. Il s’agit notamment de la gestion foncière et du développement urbain, de l’accès universel à l’eau potable et de la gouvernance de l’hydraulique rurale, de l’électrification des zones reculées et du désenclavement routier et numérique. Le Président a également mis l’accent sur la sécurisation et le renforcement des infrastructures sociales de base dans les zones frontalières, ainsi que sur le développement intégré de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et la maîtrise de l’exploitation forestière.

    Dans le cadre plus large de la refondation de la présence territoriale de l’État, le Chef de l’État a demandé au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur de veiller à l’exécution rigoureuse du Plan de modernisation de l’Administration territoriale. Cette réforme structurelle vise à doter les services déconcentrés de moyens humains, techniques et logistiques adaptés aux exigences contemporaines de gouvernance.

    Autre annonce majeure : le lancement, dès 2026, d’un programme spécial de construction de bâtiments administratifs à l’intérieur du pays. Ce chantier ambitionne de renforcer la proximité des services publics, d’améliorer les conditions de travail des agents et d’accroître l’efficacité opérationnelle de l’administration territoriale.

    Enfin, pour garantir un suivi permanent et mesurable de l’action publique, le Président a exigé la tenue régulière de conférences régionales d’évaluation. Une réunion interministérielle consacrée au suivi de l’action de l’État dans les régions devra également se tenir chaque semestre, instaurant ainsi une culture de redevabilité et d’évaluation continue.

    À travers ces orientations, le Président Bassirou Diomaye Faye pose les jalons d’une gouvernance territoriale rénovée, fondée sur la responsabilisation des acteurs locaux, la cohérence stratégique et la recherche d’impact concret au bénéfice des populations.